Consommation alimentaire…. Petit constat éthologique rapide.

10259482_10203722212844128_1342692004_n

Selon une enquête d’opinion de mars 2013 menée par OpinionWay pour Sofinco, 73 % des personnes interrogées faisaient leurs courses alimentaires dans la grande distribution (supermarché et hypermarché) et même 87 % si l’on y rajoute le hard discount.

La fameuse loi d’Engel, qui a été énoncée par le statisticien allemand Ernst Engel dès le XIXe siècle, stipule que la part consacrée par un ménage à l’alimentation tend à baisser lorsque son revenu augmente. Cela signifie a contrario que plus une famille est pauvre et plus la part qu’elle va consacrer à la nourriture dans ses dépenses totales sera élevée. Or, cette « loi » semble être encore valide au XXIe siècle puisque, selon l’INSEE, en 2011, les 20 % des ménages les plus riches consacraient 14 % de leurs dépenses à l’alimentation, contre 19 % pour les 20 % les plus pauvres.

Si la dépense moyenne des Français en matière d’alimentation s’élève à 396 euros par mois, les catégories les plus pauvres (dont le revenu mensuel est inférieur à 1 000 euros nets) y consacrent 222 euros en moyenne, contre un montant de 539 euros pour les catégories les plus riches (dont le revenu est supérieur à 3 500 euros nets).

Le second enseignement est que le type d’alimentation constitue ce que les sociologues appellent un « marqueur social », c’est-à-dire un symptôme de différenciation sociale. En clair, dis-moi ce que tu manges et je te dirais à quelle catégorie sociale tu appartiens ! Ainsi, les catégories les plus riches consomment plus de fruits, de légumes et de poissons que celles qui sont les plus pauvres.

En affinant un peu l’analyse, on s’aperçoit ainsi que les catégories modestes consomment davantage de bœuf, de porc et de charcuterie, tandis que les catégories aisées, elles, tendent à préférer l’agneau et la volaille ou même à être tentées par le végétarisme.

Les catégories les plus pauvres consomment davantage de boissons sucrées (sirops, sodas), de sandwichs, de pizzas/quiches et de viennoiseries, tandis que les plus riches se procurent plus de produits biologiques et, on l’a vu, mangent plus de poissons, de fruits et de légumes frais.

Les plus pauvres font aussi davantage leurs courses alimentaires dans les magasins hard discount, alors que les plus aisés, eux, se rendent plus dans les commerces de détail et les marchés, et peuvent même se procurer leur alimentation directement auprès des producteurs, via les AMAP.

L’une des conséquences de ces disparités entre les régimes alimentaires des différentes catégories sociales est la surreprésentation des catégories modestes parmi les personnes souffrant d’obésité.

Les goûts et les pratiques alimentaires tendent généralement à se diffuser de façon progressive des classes aisées vers les classes populaires de la société.

Cette diffusion des goûts et des pratiques alimentaires des catégories les plus aisées est quoi qu’il en soit d’ores et déjà perceptible. L’INSEE indique, en effet, qu’entre 1970 et 2008, ont baissé la consommation moyenne de bœuf, de pain, de pommes de terre, de vins courants, tandis qu’ont augmenté celle de fruits et de légumes frais, d’eaux minérales et de source, mais aussi de vins AOC. Par ailleurs, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique tend à se diffuser progressivement malgré l’obstacle du prix de ces produits.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.