Étienne de la Boétie, Discours sur la servitude volontaire.

Dicours-servitude-volontaire

A propos du tyran d’un peuple quel qu’il soit :

Ce maitre n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes.
Ce qu’il a de plus ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire.

D’où tire t-il tous ces yeux qui vous épient si ce n’est de vous ?
Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les empreinte ?
Les pieds dont il foule vos citées ne sont ils pas aussi les vôtres ?
A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous même ?
Comment oserait il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ?
Quel mal pourrait il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traitres de vous même ?

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