Qu’est-ce que la gynécologie islamiste?  Par Kamel Daoud

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Qu’est-ce que la gynécologie islamiste? C’est une spécialité qui interdit de reproduire la lumière, mais explique la reproduction imbécile. Une obsession. Une réduction du mystère du cosmos à la fonction d’une caméra de surveillance du sexe des femmes. Tout est sexe chez les islamistes et les conservateurs, les bigots, les imbéciles et les agressifs qui pullulent dans les rues: les séismes, le mal, la sécheresse, les problèmes du pays, la Palestine ou les étrangetés climatiques.

La gynécologie islamiste réduit Dieu à un censeur de baisers dans les films, la vie à une érection et le mal à la femme et la religion à une castration.

 

Tout est sexuel: de la gamine qu’il faut voiler, à l’adulte qu’il faut culpabiliser jusqu’à la réédition ou l’exil. La gynécologie islamiste divise le monde pour les femmes entre soumission ou prostitution. D’où le slogan «sois un homme et voile tes femmes». Destiné à des animaux ou aux détestables vaniteux du machisme. Comme l’a remarqué l’Algérien en voie d’extinction, il ne s’agit pas de «sois un homme et récupère ton pays». «Sois un homme et révolte-toi contre la corruption. Sois un homme et sois propre sur toi. Sois un homme et partage l’humanité au lieu de la terroriser». Non, juste «sois un homme en marchant sur les femmes». Tout le monde me bat et moi je bats Kheïra ma sœur.

La gynécologie islamiste est donc une spécialité majeure de ce courant et de ses sympathisants: chasse à la jupe en Algérie avec un ministre qui n’aime pas les jupes ; procès ouvert contre un film audacieux au Maroc, harcèlement des femmes dans les espaces publics en Egypte, crime d’honneur en Jordanie, interdiction de conduire en Arabie…etc. Résumé de la grande honte de cette géographie dite arabe qu’il faut peut-être traiter au désherbant pour soulager le reste de l’humanité.

Minables gens qui ne trouvent rien de mieux à faire, écrasés par leurs maître et seigneurs Blancs, que de s’en prendre aux femmes.

La gynécologie islamiste est donc tout ce qui reste des grands textes soufis, de Bagdad capitale du monde d’Abou El 3ala El Ma3ari, de«L’épître du Pardon» et de la philosophie illuminative de Suhrawardi.

C’est notre sort. Cela vous fabrique cet immense piège que l’on ne peut vivre qu’en le fuyant ou en le reproduisant sur les plus faibles: des géographies hantées par le sexe et l’anti-sexe, souffrant de désirer en tuant, de ne pas aimer en attendant d’être aimé, de caresser sans toucher et d’agresser ce qui est à la fois source de désirs et d’interdits: le corps. Immense piège où l’on rêve de l’amour mais en l’interdisant, de jouissance tout en la punissant. Pays coincé dans une posture impossible: tout le monde veut vivre le dénouement du désir et tout le monde crache sur le mystère de la jouissance. Un peuple qui joue à avoir les vertus du castré mais avec les manières d’un violeur. Intenable. Cela finira dans la guerre, l’orgie ou le viol collectif.

Retour au sujet: cette immense discipline de la gynécologie islamiste qui réduit le monde à une névrose, obsédé par le genou, les cheveux, le mollet, le baiser.

Intuition brusque: l’islamisme, malgré ses foules, est, au plus intime, un acte solitaire. D’où sa haine de la femme.

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