Difficile de penser à gauche par les temps qui cours.

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Il n’est pas facile aujourd’hui d’être de gauche. Ou, plus exactement, il est assez aisé d’avoir une sensibilité de gauche, mais il n’est pas facile de penser à gauche.
De penser que le combat contre la domination du capital sous toutes ses formes n’est pas obsolète, en dépit de son absence du lexique médiatique et de la transformation des exploités en « défavorisés ». De penser que la question de l’égalité sociale demeure promordiale, en dépit de sa dissolution en question d’égalité d’accès aux chances de réussite.

Pourquoi il est difficile de penser véritablement encore la lutte des classes, hors du dogme libéral :

Il est ardu de maintenir des positions se réclamant du combat pour l’émancipation concrète car les luttes sociales et politiques qui les représentent demeurent minoritaire, et que les valeurs auxquelles elles sont associées sont fortement remises en cause : la notion de progrès est accolée au productivisme, porteur de danger écologique, l’universalisme est souvent soupçonné de permettre, de façon plus ou moins subtile, de refuser les particularismes, et donc les libertés spécifiques, et de vouloir imposer une dictature de la raison occidentale.

Penser a gauche, dans l’esprit des lumières et pour la disparition des injustices de classes risquerait donc d’impliquer l’apologie du conflit, sinon de la violence, et de se dissocier d’une certaine sensibilité de gauche….

On comprends qu’il soit difficile de persévérer.

S’ajoutent à ce processus de délégitimation la récupération et le dévoiement, par ces adversaires, de concepts longtemps caractéristiques de la gauche : la critique du non respect des droits du peuple, la ségrégation sociale et culturelle, du libéralisme même, etc.

Il est vrai que ces déclarations n’engagent pas a grand chose, mais elles contribuent à assoir la conviction que c’est de intérieur du système dominant que peut s’élaborer la réponse aux maux créés par le système dominant.

Évelyne Piellier.

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