Traité sur la tolérance de Voltaire: l’ignorance.

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Si les maîtres d’erreurs, je dis les grands maître, si longtemps payés et honorés pour abrutir l’espèce humaine, ordonnaient aujourd’hui de croire que le grain doit pourrir pour germer ; que la terre est immobile sur ses fondements, qu’elle ne tourne point autour du soleil ; que les marées ne sont pas un effet naturel de la gravitation, que l’arc-en-ciel n’est pas formé par la réfraction et la réflexion des rayons de lumière, etc., et s’ils fondaient sur des passages mal entendus de la Sainte Écriture pour appuyer leurs ordonnances, comment seraient-ils regardés par tous les hommes instruits ? Le terme de bêtes serait il trop fort ? Et si ces sages maîtres se servaient de la force et de la persécution pour faire régner leur ignorance insolente, le terme de bêtes farouches serait-il déplacé ?

Présentation du livre dont est issu cet extrait, « le Traité sur la tolérence » de Voltaire:

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