La religion selon Marx par Amin Maalouf.

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Lorsque Marx désignait la religion comme « l’opium du peuple », il ne le faisait pas avec dérision, ni avec dédain comme l’ont souvent fait ses disciples. Il n’est peut-être pas inutile de se remémorer sa phrase entière, qui disait : « La détresse religieuse est à la fois l’expression d’une vraie détresse et une protestation contre cette détresse. La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur, l’âme d’un monde sans âme. Elle est l’opium du peuple. » De son point de vue, il fallait abolir ce « bonheur illusoire » pour que les gens s’emploient à bâtir un bonheur réel ; ce dont on pourrait raisonnablement déduire, avec le recul du temps, que si le bonheur promis se révélait encore plus illusoire, les peuples reviendraient vers leur « opium » consolateur.
De ce fait, il me semble que si Marx avait pu assister à cette résurgence de la religion au cœur de la sphère politique et sociale, il en aurait été affligé, certes, mais pas vraiment surpris.

Amin Maalouf.

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