Lien entre pesticides et autisme et augmentation des cas d’autismes.

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***Tout d’abord regardons si les cas d’autisme augmentent:

Le nombre de personnes autistes en France est en augmentation. Les troubles autistiques sont aujourd’hui détectés chez un enfant sur 110, alors qu’ils ne touchaient qu’un enfant sur 2000, il y a une dizaine d’années.

Par ailleurs l’Inserm souligne l’impact de l’atrazine (un pesticide interdit en France depuis les années 2000) sur le développement du fœtus.

C’était l’herbicide le plus utilisé, aux Etats-unis comme en Europe, pour maîtriser les mauvaises herbes dans les champs de maïs. Il a été interdit en Europe, et en France, depuis 2003.

Mais des traces d’atrazine et d’un de ses métabolites (atrazine mercapturate) étaient pourtant présentes dans les urines de 5,5% de 579 femmes enceintes ayant participé à l’étude Pélagie, pilotée par de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée le 2 mars 2011. Cette étude a été réalisée entre 2002 et 2006 auprès de plus 3400 femmes enceintes en début de grossesse en Bretagne.

Elle visait à étudier l’impact de l’atrazine ou d’un de ses métabolites (atrazine mercapturate, desethylatrazine, hydroxyatrazine, ou hydroxydesethylatrazine) sur le déroulement de la croissance intra-utérine.

Résultats : des traces de métabolites de desethylatrazine et d’hydroxyatrazine auraient également été respectivement retrouvés dans 20% et 40% des échantillons.

L’étude épidémiologique a permis d’établir qu’une présence marquée d’atrazine dans les urines était accompagnée d’une diminution du poids de naissance et de périmètre crânien.

Une quantité élevée de pesticides dans l’air peut également avoir un impact sur la croissance intra-utérine.

Selon l’enquête, les femmes ayant des traces d’atrazine ou d’un de ses métabolites dans les urines ’’avaient 50% de risque supplémentaire d’avoir un enfant ayant un faible poids à la naissance et 70% de risque supplémentaire d’avoir un enfant ayant une faible circonférence crânienne à la naissance’’, s’inquiète l’association Générations Futures (ex MDRGF) suite à la publication de l’étude.

Cette étude nous montre clairement que des doses très faibles d’un herbicide perturbateur endocrinien peuvent avoir des effets dommageables sur le développement du fœtus et donc sur le futur état de santé de l’enfant.

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Région dont les ventes de pesticides sont les plus importantes (photo ci-dessus).

Lien vers le site de Francetv pour le détail et les explications de la carte : http://mobile.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/enquete-cash-investigation-quels-pesticides-dangereux-sont-utilises-pres-de-chez-vous_1294797.html#xtref=https://www.google.fr/

PESTICIDES : UN RISQUE ACCRU D’AUTISME POUR LES ENFANTS NÉS À PROXIMITÉ DES CHAMPS AGRICOLES.

Une recherche américaine menée sur 970 femmes enrichit le tableau des preuves liant les pesticides aux troubles neurologiques chez les enfants.

Les enfants de mères qui vivent à proximité de zones agricoles, ou qui sont par ailleurs exposées pendant la gestation aux pesticides de type organophosphorés, pyréthroïdes ou carbamates peuvent avoir un risque accru de désordres comportementaux”, comme l’autisme ou des retards de développement.

Telle est la conclusion d’une étude publiée lundi 23 juin sur le site de la revue Environmental Health Perspectives et menée par une équipe de chercheurs en pédiatrie et neurologie de l’université Davis, en Californie.

Dans cet État américain, l’emploi de pesticides fait l’objet d’une déclaration obligatoire : la quantité et la date de chaque application est inscrite dans un registre, qu’elle soit destinée à des champs agricoles, des pâturages ou des terrains de golf.

Les chercheurs ont utilisé ces données pour évaluer le risque encouru par les enfants dont la mère habitait à proximité des lieux d’application des pesticides pendant la grossesse : combien d’entre eux développaient par la suite des troubles du spectre autiste ou des retards du développement ?

ÉPANDUS À 1,5 KM DU LIEU DE RÉSIDENCE, LES PESTICIDES AUGMENTENT LE RISQUE D’AUTISME OU DE RETARD DU DÉVELOPPEMENT.

Pour chacune des 970 femmes participantes, enceintes entre 1998 et 2007, les chercheurs ont calculé la quantité de pesticides employés durant les 9 mois de gestation, dans un rayon de 1,25, 1,5 et 1,75 km de leur maison. 30 % d’entre elles vivaient à moins d’un kilomètre et demi d’un lieu d’application.

Les résultats sont clairs : toutes les classes de pesticides prises en compte avaient un effet soit sur l’autisme, soit sur les retards du développement.

Les enfants exposés aux pesticides organophosphatés à un moment ou un autre de leur développement in utero avaient 60 % de plus de chances de manifester un trouble du spectre autiste. Et ce risque était encore plus élevé si l’exposition avait lieu au troisième trimestre de grossesse (plus de deux fois plus élevé par rapport aux enfants non exposés).

Une exposition aux pesticides pyréthrinoïdes avant la conception ou au troisième trimestre augmentait, quant à elle, aussi bien l’incidence de l’autisme que celle des retards du développement (jusqu’à plus de deux fois plus de cas que chez les enfants non exposés).

Enfin, les pesticides de la classe des carbamates augmentaient sensiblement le risque d’un retard du développement pour les enfants exposés au cours de la grossesse.

Certes, cette étude ne permet pas d’établir un lien de causalité direct entre l’épandage de pesticides et la survenue de ces maladies, mais elle s’appuie sur d’autres recherches qui ont donné des preuves de ce lien pour certaines substances.

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Où en sommes nous avec la consommation de pesticides en France ?

Après un mieux en 2012, l’utilisation de pesticides agricoles en France s’est accrue de 9,2% en 2013. Ce qui témoigne de la difficulté à inverser de vieilles pratiques.

L’échec est palpable : le plan Ecophyto de réduction de l’usage des pesticides lancé par le Grenelle de l’environnement en 2008 s’est avéré impuissant pour inverser la dépendance de l’agriculture française à la chimie, malgré une vraie demande de la société.

Face au constat d’un rapport parlementaire présenté ce mardi 23 décembre au Premier ministre, qui préconise une refonte des politiques publiques et de la recherche autour de cet objectif, Manuel Valls a aussitôt demandé « un nouveau plan de réduction de l’utilisation des pesticides en France » à ses ministres de l’Ecologie, Ségolène Royal, et de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

« Six ans après son démarrage fin 2008, le plan n’a pas eu les résultats espérés puisque les indicateurs de suivi […] ne montrent pas de tendance à la baisse », conclut la mission pilotée par le député socialiste de Meurthe-et-Moselle, Dominique Potier, à la demande du chef de gouvernement.

L’usage des pesticides en hausse de 9% en 2013

Issu du Grenelle de l’environnement, le Plan Ecophyto visait à diviser de moitié, « si possible », l’usage des produits phytosanitaires aussi bien en zone agricole qu’en ville et dans les jardins.

Or le bilan 2013 publié lundi par le ministère de l’Agriculture a montré un usage en hausse de plus de 9% pour l’année, en raison de conditions climatiques difficiles il est vrai, et de 5% en moyenne entre 2009 et 2013. C’est un revers, car, l’année précédente, le recours aux produits chimiques en agriculture avait baissé (-6%) pour la première fois depuis la mise en place d’un indicateur de mesure en 2009.

« Pendant ses six premières années, le Plan a créé les conditions nécessaires mais non suffisantes pour atteindre ses objectifs« , note la mission. « La dynamique collective n’a pas encore diffusé au-delà des réseaux de praticiens pionniers alors même que des succès probants commencent à être enregistrés ».

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Quelques points positifs pour l’avenir quand même ?

La révolution culturelle est en marche », affirme l’auteur principal du rapport, Dominique Potier, lui-même agriculteur certifié bio depuis 1998.

« On la sent chez les consommateurs autant que chez les producteurs, qui ne supportent plus d’être perçus comme des pollueurs. Et aussi pour des raisons de marché » explique-t-il.

« Les cahiers de charges sont de plus en plus exigeants. Mais il est difficile de trouver la bonne voie : il faut donc maintenir les outils et en inventer de nouveaux ».

Diversité des cultures et rotation. 

Son rapport préconise de « restructurer » le plan Ecophyto autour de six axes (et 68 propositions), dont un effort « considérable » de recherche et d’innovation car, malgré « une incontestable mobilisation » de la communauté scientifique, celle-ci est « trop récente pour combler le retard scientifique qu’a induit le recours prédominant à une protection chimique ».

« Je vois quatre domaines prioritaires », énumère Dominique Potier : opter pour des variétés plus résistantes, développer le biocontrôle (insectes, plantes, algues) qui doit pouvoir atteindre au moins 15% (des surfaces traitées) contre quelques pourcents aujourd’hui dit-il, soutenir la modernisation de l’agroéquipement et des équipements de pointe : « ils permettent d’économiser jusqu’à 30% des pulvérisations ».

« Mais surtout, la première mesure, c’est l’agronomie, la diversité des cultures et la rotation ». La mission suggère de réorienter les politiques publiques. En l’état, « le plan n’a pas d’emprise sur les leviers majeurs de l’usage des pesticides que constituent le choix des cultures, des systèmes de culture et de gestion de l’espace », estime le rapport. Même la nouvelle Politique agricole commune de l’Europe, la PAC qui entre en vigueur en 2015, est « trop timide »

Prenez soin de vous et pensez que de ce que vous choisissez de consommer dépend ce qu’on vous vend !

Source: RFI, ArteTV, Sciences et Vie, L’Obs, Cash investigation.

Mis en forme et enrichissement de l’article Cyril CHEVROT.

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