****Sept conceptions de l’obéissance.

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–L’obéissance TYRANNIQUE par Xenophon: l’oppresseur moins libre encore que l’opprimé telle est la surprenante confession de Hiéron, tyran de Syracuse, dans le dialogue qui porte son nom. Non seulement le tyran n’a jamais le droit de se croire aimé, mais il est prisonnier du pouvoir plus qu’il n’en jouit. Si la tyrannie cessait il serait mise à mort par ces anciens sujets. Ce n’est qu’en œuvrant pour le bonheur du peuple qu’il peut espérer être heureux sans être envié.

–l’obéissance RATIONNELLE par Hobbes: La liberté totale ? C’est la guerre de tous contre tous, synonyme d’une vie solitaire, animale et brève. La raison nous conduit donc à nous défaire de nos  naturels au profit d’un pouvoir commun, à condition que les autres fassent de même : ce pacte est la source légitime de l’autorité conférée par la multitude à une personne unique(homme ou une assemblée d’homme) qui a pour nom république.

–l’obéissance ARTIFICIELLE par Pascal : il n’est pas nécessaire, parce-que vous êtes duc, que je vous estime, mais il est nécessaire que je vous salue. Seules les grandeurs naturelles (tenant à des qualités tel que le savoir ou la vertu) méritent notre respect. Rien ne justifie la soumission à des grandeurs « d’établissement » : le souverain n’est qu’un roi que concupiscence maitre des objets que désirent ses sujets.

–l’obéissance DIALECTIQUE par Hegel: D’où vient la servitude ? D’un combat à mort entre deux consciences qui luttent pour leur reconnaissance: celui qui à céder à la peur au lieu de risquer sa vie pour la liberté se soumet. Pourtant le maitre dépend de l’esclave, puisque la vérité de la conscience autonome, c’est la conscience servile de l’asservi. Au contraire, par son travail, l’esclave conquiert son autonomie.

–l’obéissance CIVILE par Thoreau: Emprisonné pour avoir refusé de payer un nouvel impôt destiné à financer la guerre contre le Mexique, le philosophe américain affirme avec « la désobéissance civile » en 1849, les droits de l’individu face au gouvernement. Selon lui, nous devrions être homme d’abord et sujet ensuite en exhortant chacun à faire de sa vie un contre-frottement pour stopper la « machine », il appelle à une  » révolution pacifique.

–l’obéissance ÉTATIQUE par Clastres: pour cet anthropologues, grand lecteur de La Boétie, les sociétés dites primitives ou sans état refuse la relation de pouvoir en empêchant le désir de soumission de se réaliser. Par exemple les indiens tupi-guarani décrits dans  » la société contre l’État  » n’ont qu’un chef sans pouvoir chargé de régler les conflits : ils expriment ainsi le refus radical de l’Un comme essence universelle de l’État.

–l’obéissance SCIENTIFIQUE par Milgram: Dans l’expérience menée par ce psychologue américain, 65 % des sujets, croyant participer à une étude scientifique sur la mémoire, ont acceptés d’infliger à d’autres des chocs électriques de plus en plus  puissants. Un résultat expliqué dans la soumission à l’autorité par les concepts de syntonisation (réceptivité accrue aux ordres issus d’une autorité ) et d’état « argentique » (l’agent exécutif d’une volonté étrangère abdique toute responsabilité ).

Un sujet qui éclair un peu non ? Ça donne envie de relire La Boétie !

Cyril.

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