Délinquance, extrait du livre de Soufiane Zitouni. 

À l’époque où j’étais au lycée mon père était complètement obsédé par la construction d’une plus belle maison (en Algérie) que celle de son frère. Alors, à force d’être maltraité et oublié au sein de ma propre famille, j’ai fini par devenir délinquant, comme tant de jeune issu de l’immigration maghrébine malheureusement. Hormis le besoin d’argent très concret parce-que mes parents ne m’en donnaient pas, d’autres facteurs semblent avoir favorisé de manière déterminante mon entrée dans la délinquance. Ces facteurs sont à la fois psychologique et sociologiques. Il y avait sans doute en moi un profond sentiment d’humiliation et d’injustice : pourquoi n’étais-je pas aussi bien loti que les français de souche de mon âge, qui avaient de l’argent de poche et même, pour certains, une moto ou une chambre à eux dans une belle maison, alors que nous étions entassés, mes trois frères et moi, dans une seule chambre ?

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