Le wahabisme contre le rationalisme, par Djamila Benhabib.

Depuis quelques années, des convergences successives et des passerelles de plus en plus nombreuses se sont tissées entre une partie de la gauche et des organisations islamistes. Ces liaisons dangereuses, incroyables et obscènes, ont provoqué des lésions fatales dans le corps doctrinal de cette famille politique. Forts de cette nouvelle alliance inespérée, les islamistes ont multiplié leurs demandes ; on a assisté à une surenchère de requêtes. Après tout, pourquoi ne pas remplacer les lois civile par une justice d’abattoir lorsqu’il est question du droit familial ? L’idée, qui a fait son chemin au Canada avec les tribunaux islamiques, a été abandonnée en raison d’une forte mobilisation mais pour combien de temps ? La question demeure entière compte tenu des aspirations que nourrissent certains de défaire les structures sociales démocratique pour les remplacer par des lois et des pratiques islamiques. « Ce n’est plus que partie remise », disent maintenant les plus chauds partisans de la charia au Canada. Dans la tête des islamistes anglais, cette idée a déjà germé et ce dont rêvent leurs « Frères » Canadiens à fini par prendre forme en Grande-Bretagne. Cette bataille impitoyable entre modernistes et intégristes à laquelle nous assistons s’inscrit dans une histoire contemporaine plus globale, qui prend racine en Arabie à l’ère de l’avènement de l’islam au VIIe siècle ; où s’affrontent deux écoles de pensées antagoniques : l’une rationaliste, mutazilite et l’autre fondamentaliste, hanbalite. C’est d’ailleurs de cette dernière doctrine qui prône une lecture littéraliste du Coran que s’inspire le wahabisme.
Djamila Benhabib.

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