Du danger d’être « coupé » de soi, par Abdenour Bidar.

Si je suis mal relié à mon âme (si je ne suis pas à l’écoute de mes propres aspirations), je dépéris sans m’en apercevoir. Je deviens ennuyeux pour moi-même et pour les autres, à force de poursuivre des objectifs divers qui ne me correspondent pas, qui me laissent sur ma faim en ne m’apportant rien de fondamental et qui finissent donc inévitablement par engendrer une « fatigue d’être soi » mortifère. Si je suis mal relié aux autres, que j’ai l’occasion ni de donner ni de recevoir, ni d’aimer ni d’être aimé, ni de dialoguer ni de fraterniser, ni d’éduquer ni de partager, alors ma vie finie pas être désespérément solitaire, stérile, et par prendre tôt ou tard une odeur de mort. 

Abdenour Bidar, Les Tisserands.

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