La revendication du voile par les islamistes par Djemila Benhabib. 

Remarquons le bien, ce sont toujours de jeunes femmes éduquées, ayant fréquenté l’Université, qu’on met en avant pour donner une belle image des islamistes. Les hommes ont pratiquement disparu des caméras et des micros. On arrive à un renouvellement de la stratégie Islamiste et à une redistribution du travail. Pour marquer des points il faut savoir adapter le discours à l’auditoire. Rendre plus aimable l’apparence du discours ne veut cependant pas dire transiger sur les principes. Sur ce terrain, on ne cède pas un iota : la confrérie des Frères musulmans en a tracé les grandes lignes, voilà 80 ans. Ce qui se joue actuellement, c’est une bataille de relations publiques en direction des mass médias. On ressasse toujours le même discours victimaire, on accuse de raciste et d’islamophobe toute personne qui ose critiquer l’islam ou les musulmans. Les porteuses de ce message sont des femmes qui s’affichent comme des modèles d’intégration et présentent le voile comme un « choix », répétant qu’une bonne musulmane est une femme « pudique » et que le voile est le summum de la pudeur.
Quel sens donner à un tel « choix » lorsqu’il se fait dans un contexte entaché par le sang de celle qui refuse de porter ce stigmate ?  Cette stratégie de communication à porté ses fruits puisque le hidjab suscite une certaine « sympathie » et même une « tendresse » dans certains milieux intellectuels. On arrive même à entretenir l’illusion que le voile pourrait être une alternative à l’hyper-sexualisation des filles, quand en fait le voile est l’une des pire forme de sexualisation des femmes. Le voile, c’est un rapport obsessionnel au corps, à la chair au sexe. Le voile c’est le contrôle de la sexualité des femmes. Ne soyons pas assez naïf pour croire que le hidjab serait acceptable, voire progressiste alors que la burka serait rétrograde et inacceptable. La différence entre les deux ne tiens qu’à la taille du tissu. La signification reste la même: la manifestation archaïque de l’oppression et de la soumission des femmes. Ces femmes prétendent qu’elles se voilent pour ne pas attirer l’attention des hommes et réveiller leurs pulsions. Cette conception qui considère la femme comme une « tentatrice inassouvie » et l’homme comme un « perpétuel prédateur » est totalement infantile et primaire. Réjouissons nous que les critères de séduction soient un peu plus complexes et subtils ! On en a la preuve tout les jours que les hommes et les femmes sont capables de se mouvoir librement les uns avec les autres, de travailler ensemble, et de partager bien des choses sans pour autant se désirer sexuellement. Et lorsqu’ils se désirent, ce n’est pas une monstruosité en soi, ils ne deviennent pas des dangers publics pour autant. Il n’y a que dans les pays qui chosifient les femmes que la chair devient l’objet de fantasmes permanents, que la misère sexuelle s’installe et que des névroses et démences collectives se développent, allant même jusqu’à autoriser le « mariage provisoire » ou « mariage de plaisir » , véritable couverture religieuse à la prostitution.

« Les soldats d’Allah à l’assaut de l’occident »

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