#Les Occidentalisés, par Djemila Benhabib.

Image : Saiidi Sirjani : essayiste Iranien, assassiné en prison pour avoir publié à l'étranger ses ouvrages interdit en Iran.
#LesOccidentalisés.
Mué en folie meurtrière, l’islamisme politique ne lésine pas sur les moyens pour maintenir la cohésion de la communauté. On neutralise les « récalcitrant ». On les sacrifie. On les tue. Car le sacrifice au nom d’Allah justifie l’extermination des « mal-pensants » afin de les soumettre à la religion de la soumission. Il est devenu loisible à n’importe quel ignorant s’autoproclamant imam de prononcer une fatwa à l’encontre d’un « musulman non-conforme » pour que les adeptes zélés s’exécutent et que les têtes tombent. Le 6 Mars 2007, le réseau anglais de la télévision canadienne, la CBC, à diffusé un reportage, intitulé « who Speak for Islam ? », qui montre clairement que les musulmans laïques de la région de Toronto subissent des intimidations, voire des menaces de mort, venant des milieux radicaux de la ville reine.
Les condamnés à mort, ce sont tous ceux qui aspirent à vivre non pas comme des croyants mais comme des citoyens à part entière de leur pays d’accueil. Ce sont tous ceux qui se sont donnés la liberté de se faire eux-mêmes, loin du troupeau. Ce sont les récalcitrants, les égarés, les impurs, les dissidents, les mal-pensants, les dérangeants, les insoumis, les déserteurs, les apostats, les iconoclastes, et les mécréants. Ce sont ceux que les islamistes appellent les « Occidentalisés », et dont nombre de courants de penser occidentaux se méfient, ne les jugeant pas suffisamment conformes à la « norme musulmane ». Ce sont tous ceux qui se sentent à l’étroit dans le communautarisme et qui vivent un double exil, une double exclusion. Ce sont tous ceux qui portent le mauvais nom, qui sont né dans le mauvais pays et qui pourtant reporté à pleins poumons la liberté et l’humanisme et ont soif des musiques du monde. Les condamnés à mort il y en a partout dans les villes, dans les villages, les hameaux, dans tous les endroits fleuris ou arides du Pakistan au Soudan, de l’Égypte à l’Arabie Saoudite, de l’Iran à l’Algérie, de la Jordanie au Koweït. Ils portent tous un nom. Ils ont tous un visage. Ils sont célèbres ou anonymes, femmes ou hommes, jeunes et moins jeunes.

« Les soldats d’Allah à l’assaut de l’occident »

Présentation vidéo du livre :

Publicités