Pourquoi cette pression sur les emplois en France ? Par Natacha Polony & C. Orwell. 

Certes, il y a bien quelques esprits chagrins pour s’inquièter de la financiarisation, de ce monde sans régularisation, de la diminution régulière de la croissance ( depuis 1971, on perd, en Occident, 1% par décennie). Mais ces inquiétudes vont être balayées par la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS qui dégage l’horizon géopolitique pour un capitalisme triomphant. Il n’a plus de concurrent idéologique.

[…..]
Plus question de construire une « Europe puissante » qui s’affirmerait comme un grand ensemble indépendant. Elle ne sera plus qu’un marché, ouvert à tous les vents, qui doit oublier cette « préférence communautaire » contraire à l’idéologie libre-échangiste. Américains et Allemands s’entendent pour intégrer le plus vite possible les anciens satellites de l’URSS. D’une part pour les détacher complètement de la Russie. D’autre part, pour permettre aux groupes industriels, notemment allemands, de trouver là une main d’œuvre bon marché, afin de délocaliser une partie de la production

On assiste au même processus en Asie du Sud-est, avec le deal qui se noue entre les multinationales américaines, le parti communiste Chinois et Washington. L’idée est simple. La Chine fabrique massivement les produits qu’elle exporte vers les pays solvables, notemment les États-Unis. Elle engrende ainsi des recettes à l’exportation. Elle emploie sa main-d’œuvre. Elle développe un tissu industriel. Une partie de ses excédents est recyclée en achat de bon du Trésor américain, émis au fur et à mesure que les déficits commerciaux de l’Oncle Sam grandissent. Au passage, on supprime des milliers d’emplois, on fait pression sur les salaires, on rogne les avantages sociaux des travailleurs et des classes sociales moyennes américaines. Les artisans de cette politique ne sont pas tant les Républicains que les Démocrates.  Notemment les équipes de Bill Clinton. Ce sont elles qui vont financiariser le capitalisme et accroître le pouvoir démesuré de Wall Street et des marchés.
Natacha Polony & le comité Orwell, bienvenue dans le pire des mondes.

Publicités