Le rôle des chefs religieux ? Par Spinoza dans « le problème Spinoza » de Irvin Yalom. 


Bento Spinoza : Ce que font les chefs religieux n’a en général que peu à voir avec Dieu. Vous avez, l’an dernier, émis un « herem »  (exclusion de la communauté juive) contre un homme qui achetait de la viande à un boucher kasher ashkénaze plutôt qu’à un sépharade. Pensez-vous que cela est un rapport avec Dieu ?
Rabbin Monteira : C’était un « herem » de courte durée, extrêmement instructif du point de vue de l’importance qu’à la cohésion de la communauté.
B.S : Et j’ai apprit le mois dernier que vous aviez autorisé une femme vivant dans un petit village qui n’avait pas de boulanger juif à acheter son pain chez un « gentil », à condition qu’elle jette dans son four un copeau de bois et participe ainsi à sa fabrication.
R.M. : Elle est venue me trouver désespérée et elle est repartie soulagée et heureuse.
B. S. : Elle est repartie l’esprit encore plus obtus qu’en arrivant, encore moins capable de penser par elle-même et de développer ses capacités de réflexion. C’est exactement l’idée que je défends : les autorités religieuses, quelles qu’elles soient, veulent empêcher que ne s’exerce notre raisonnement.
R.M : Si vous croyez que notre peuple peut survivre sans contrôle ni autorité, vous êtes un imbécile.
B.S. : Je crois que les chefs religieux s’éloignent de leur mission spirituelle en se mêlant de ce qui relève de la politique. Votre autorité et votre conseil doivent se limiter à la piété de chacun et à sa vie intérieure.

« Le problème Spinoza » de Irvin Yalom

Vidéo de présentation du livre :

Acheter le livre de suite en cliquant sur l’image ci-dessous :

Publicités