Extrait de « Zabor, ou les psaumes », de Kamel Daoud. (Mon monde). 


À certains moments de mon adolescence, je ne pouvais tolérer le moindre mot sorti de la bouche de mes proches, leurs soupirs, le récit de leur pèlerinage, de leurs orgasmes, de leurs salaires payés par l’État.

Tout était odieux, petit, et provoquait ma moquerie. Je devins persifleur par dépit. Et rien n’échappait à ma risée, pas même le visage de Hadjer, dur et protecteur. J’avais l’impression de regarder mon univers à travers une loupe grossissante responsable de sa laideur démultipliée. Prophète infinitésimal et strict. Un petit monde destiné à l’abattoir et au ridicule, prétentieux dans sa façon d’expliquer le monde, dépourvu de récits capables de le sauver sauf celui de son Livre sacré, récité sans cesse pour exorciser l’angoisse.

Présentation vidéo du livre :

 Je trouvais encore plus humiliante cette idée de paradis éternel (Tout le monde le décrivait sans cesse, y plantait des arbres et en détaillait les délices et les rivières en hochant la tête avec gravité et patience. Tous me répétaient que Dieu a donné la vie d’ici-bas aux Occidentaux et a réservé l’au-delà pour nous, abusés par un pari fou et imbécile) qui vidait notre univers et le transformait en salle d’attente, en campement de nomades. Aux yeux de l’adolescent, soudain, ce n’était que vents de sable auxquels on opposait versets et génuflexions.

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