Le néo-libéralisme est un système juste et égalitaire ? Par Cyril CHEVROT

Pour les libéraux – Néo-libéraux en réalité, plus la liberté de tous les individus est importante et plus l’égalité serait grande.
La liberté d’un citoyen, dans une société, c’est la possibilité, qu’il a, de réaliser, sans différenciation, strictement les mêmes potentialités de vie et de réalisation de soi, ou de ses projets, que tous les autres citoyens.
Le libéralisme suppose, donc, une liberté sans entraves, ou avec le minimum d’entraves possibles. Mais surtout une égalité parfaite dans le nombre et la force des entraves qui s’imposent et s’imposeront à notre vie – ce qui n’est évidemment pas possible. 
La véritable liberté, pourtant, suppose l’égalité des chances entre tous les individus d’une société. Si la liberté est entravée par une inégalité, naturelle et innée, ou par une inégalité acquise, des chances – éducation, héritage culturel ou linguistique, etc.., alors cette liberté n’est pas complète, entravée, de fait, pour celui qui est lésé, par un héritage culturel médiocre, un héritage génétique défaillant ou par un héritage financier négatif (dettes) etc.. ses potentialités de réalisation seront négativement impactées par rapport aux autres.  
La véritable liberté suppose donc l’interdiction de l’héritage financier, génétique et culturel d’une génération sur l’autre pour ne pas entraver la liberté des uns et des autres par une constitution physique, sociale ou culturel qui serait meilleure, ou moins bonne, que son »concitoyen » – ce qui est à nouveau impossible. 
S’en suit que si l’annihilation des héritages – multiples et variées – ne sont pas possible, alors donner la  liberté à tous c’est, en réalité, donner la possibilité à ceux qui sont « bien-nés » de s’approprier plus de richesses que les autres et de démultiplier encore plus les potentialités de ceux qui sont « bien-nés ». 
Donner la liberté totale, dans un tel contexte, donne aussi la possibilité, pour les plus rapaces,  d’exploiter ceux qui sont « mal-nés ». 
Voilà le problème du libéralisme aujourd’hui : il veut nous faire croire que plus nous sommes libres et plus nous sommes égaux. En réalité, dans les faits c’est l’inverse qui se produit : plus une société est libérale, notamment en économie, plus les inégalités augmentent. 
Et pour cause, ce n’est pas la liberté qui nous rend égaux mais l’équité. 
Et pour être équitable il faut entraver la liberté des « bien-nés », parallèlement donner des chances supplémentaires à ceux qui sont « mal-nés » afin qu’il y est un équilibre, une redistribution, une équité entre tous ces gens.
L’équité a aussi pour vertu de protéger les plus fragiles des plus « rapaces », mais surtout de donner les mêmes potentialités de développement à toutes et tous. 
LÀ, on obtient l’égalité (en tout cas la réduction drastique des inégalités) et la liberté (en tout cas ce qui s’en rapproche le plus).  
Cyril.

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