Les nouveaux penseurs de l’Islam, par Rachid Benzine. Quand les sociétés arabes se sentent attaquées.

Il est vrai que les pères fondateurs du réformisme moderne islamique avaient un discours apologétique concernant l’islam, et que leurs critiques ne portaient pas tant sur la manière dont l’islam s’était historiquement construit que sur la mauvaise pratique de l’islam par les musulmans…

Les nouveaux penseurs de l’islam, eux, sont apparus dans un univers très différent, celui de pays devenus indépendants mais souvent livrés à des pouvoirs dictatoriaux supportant mal la moindre prétention à une réforme qui pourrait leur échapper ou les contester. Ils ont connu les révolutions nationalistes, socialistes, marxistes et parfois islamistes, ainsi que les expériences libérales. Ils ont été les témoins impuissants, jusqu’à aujourd’hui, du jeu cynique de l’Occident, qui s’est opposé aux mouvements de libération nationale laïques perçus comme contraires à ses intérêts (la révolution de Nasser, spécialement), et a favorisé souvent (c’est le cas des Etats-Unis) les mouvements fondamentalistes et islamistes, avant de les dénoncer, désormais, comme constituant l’« empire du mal »Ils se retrouvent parmi les victimes de l’humiliation constante des peuples arabes, qui résulte de la non-reconnaissance des droits du peuple palestinien ou des guerres américaines contre l’Irak


On observe en effet que, à chaque fois que les sociétés arabes se sentent attaquées ou méprisées, elles se révèlent incapables d’entendre le moindre discours d’autocritique et se retournent facilement contre ceux qu’on peut leur présenter comme des « ennemis de l’intérieur » et, particulièrement, des détracteurs de l’islam. 

Les nouveaux penseurs sont ainsi à la fois la cible des pouvoirs politiques non démocratiques, des savants traditionnels naturellement conservateurs et qui ne supportent pas cet islam critique, et des islamistes qui n’apprécient pas davantage leur libéralisme et leur dénonciation du concept d’Etat islamique comme résultat d’un détournement des textes. 

Plusieurs, menacés de mort, ont dû se résoudre à l’exil. Ali Abderraziq, Muhammad Khalafallâh, Taha Hussein, Nasr Hamid Abû Zayd dans le monde arabe ; Muhammad Iqbal, Fazlur Rahman dans le sous-continent indien, ou encore Mahmoud Mohamed Taha pendu au Soudan en 1985 : tous furent harcelés, persécutés, calomniés. 

Les nouveaux penseurs de l’Islam, de Rachid Benzine.

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