Être féministe au Maroc, par Leïla Slimani.

La romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, auteure de Nous sommes tous des féministes, raconte qu’un universitaire nigérian lui a un jour expliqué que le féminisme n’était pas africain. « Ça ne fait pas partie de notre culture », lui a-t-il sèchement asséné. Pour les islamistes aussi, le féminisme universaliste n’est rien d’autre qu’un cheval de Troie de l’Occident. Pour eux, les principes des Lumières sont un leurre. N’ont-ils pas servi à légitimer la colonisation ? Ne sont-ils pas une supercherie puisque les dirigeants occidentaux les oublient pour le moindre contrat juteux ? Un jour, alors que je défendais devant un auditoire l’idée d’une dépénalisation des relations sexuelles au Maroc, quelqu’un s’est levé, furibond, et m’a tout simplement accusée de vouloir généraliser l’homosexualité et faire du Maroc un immense lupanar. Et si vous vous risquez à dire que oui, vous enviez à l’Occident la liberté sexuelle, l’égalité des sexes, le fait de pouvoir, pour une femme, marcher tranquillement dans la rue la nuit, vous êtes considérée comme une traîtresse.

 

Présentation du livre :

Leila Slimani, sexe et mensonges.

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