Menu Accueil

Les maladies de l’islam par Abdul Karim Soroush cité dans le livre de Rachid Benzine : Les nouveaux penseurs de l’islam.  

​Les maladies de l’islam Comme beaucoup, Soroush est conscient que l’islam souffre de plusieurs maux. S’efforçant de les diagnostiquer, il en retient deux principaux : l’idéologisation de la religion, et l’accent excessif mis sur les aspects juridiques de l’islam (Chari’a et fiqh) au détriment de l’éthique, de la théologie et de la vie spirituelle. L’utilisation de la religion à des fins autres que la réalisation de la volonté divine est une déviation récurrente des religions. Mais ce phénomène s’est accéléré dans le monde musulman depuis les années 1960. La crise d’identité des musulmans face à la modernité a abouti, en effet, à la montée en puissance d’un islam de l’identité.
L’islam devient ainsi moins un islam de la vérité, compris comme la libre soumission aux vérités essentielles auxquelles les fidèles sont appelés à adhérer, qu’une idéologie derrière laquelle on se réfugie. Cette perception de la religion conduit à des compréhensions figées de la religion, où toute critique devient impossible. Le totalitarisme religieux menace, dès lors, les domaines social et politique. « Je crains que les musulmans, dans leur confrontation avec les civilisations occidentales, expose-t-il, souhaitent faire de l’islam une identité. Et c’est à quoi encouragent également certains penseurs musulmans ou non musulmans. J’ai récemment relu la thèse de M.Huntington (Le Choc des civilisations) et j’ai remarqué qu’il fait allusion à beaucoup de civilisations, y compris la civilisation islamique. Son concept de crise d’identité dans le monde islamique m’a rendu encore plus confiant dans la véracité de mon propre jugement. Je pense qu’une des plus grandes plaies théoriques du monde islamique, de façon générale, est que les gens en sont venus peu à peu à comprendre l’islam comme une identité plutôt que comme une vérité. Il est vrai que les musulmans ont réellement une identité et une civilisation islamiques, mais ils n’ont pas adopté l’islam pour une question d’identité ni de civilisation.

Un autre livre de Rachid Benzine présenté en vidéo :

Acheter le livre « Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir ? :

Les civilisations sont les conséquences apparentes et non préméditées des actions conscientes des acteurs sociaux. Elles sont la somme des réussites au plan matériel et au plan des idées de nombreuses générations. De ce point de vue, elles sont comme le marché ou le langage. Elles ne peuvent émerger des tentatives conscientes de quelques-uns. Comme Hayek le fit remarquer, elles sont des conceptions spontanées. Toute tentative intentionnelle serait contraire à la conception. Je ne soutiens pas que les musulmans n’ont pas d’identité, mais que l’islam ne devrait pas être choisi pour le bien d’une identité. » L’autre grand mal pour Soroush est le déséquilibre provoqué par l’accent excessif mis sur les aspects juridiques de l’islam, un aspect dont se rendent coupables aussi bien les traditionalistes que quelques modernistes.

Soroush ne sous-estime pas l’importance du fiqh et de la Chari’a, mais il conteste le fait qu’on leur donne la primauté (quand ce n’est pas l’exclusivité) et un caractère définitif. Se référant à Al-Ghazali, il affirme que le fiqh n’est pas le cœur de l’islam, et sûrement pas sa totalité, et qu’il doit être confiné à sa sphère propre. Pour lui, il ne fait point de doute que la foi intérieure (iman) doit prévaloir sur les pratiques extérieures. Mettre l’accent d’abord sur le ritualisme, sur l’imposition des pratiques extérieures de la Chari’a, crée une société religieuse uniforme, sans pluralisme, où règnent l’hypocrisie et le monopole sur la vérité..
Ces deux maladies, pour Soroush, causent une stagnation de la pensée religieuse, et elles imposent une vision maximaliste de la religion qui rend impossible le dialogue, aussi bien à l’intérieur des sciences religieuses islamiques, qu’entre l’islam et les sciences humaines. Or, pour lui, ce dialogue est absolument nécessaire à la revitalisation de la pensée islamique. En restant enfermée dans la rigidité et l’absolutisme, la pensée islamique se fige. Elle se coupe de l’ensemble des évolutions du monde et de nombreux apports nouveaux de la pensée humaine, puisqu’elle prétend que tout ce dont ont besoin aujourd’hui les musulmans pour résoudre leurs problèmes et gérer leur vie publique et privée est fourni par l’islam.

Extrait  du livre : les nouveaux penseurs de l’islam  de Rachid Benzine

Présentation du livre en vidéo :

Acheter le livre « Les nouveaux penseurs de l’islam » : 

 

Publicités

Catégories :Fanatisme Histoire Islam

Tagué:

Cyril CHEVROT.

Humaniste, laïque, rationaliste et spirituel.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :