Sexe et genre par Yuval Noah Harari dans Sapiens.  

 


Il n’y a pas grand sens à affirmer que la fonction naturelle des femmes est de donner naissance ou que l’homosexualité est contre nature. La plupart des lois, normes, droits et obligations qui définissent masculinité et féminité sont un reflet de l’imagination humaine plutôt que de la réalité biologique. Biologiquement, les humains sont eux aussi divisés en mâles et en femelles. Un Homo sapiens mâle a un chromosome X et un chromosome Y, quand une femelle a deux X. En revanche, « homme » et « femme » sont des catégories non pas biologiques, mais sociales. Alors que, dans la grande majorité des cas, dans la plupart des sociétés humaines, les hommes sont des mâles et les femmes des femelles, les termes sociaux portent un bagage qui n’a, au mieux, qu’un lien ténu avec les termes biologiques. Un homme n’est pas un Sapiens avec des qualités biologiques particulières telles que des chromosomes XY, des testicules et beaucoup de testostérone. Il s’inscrit plutôt dans une case de l’ordre humain imaginaire de sa société. Les mythes de sa culture lui assignent des rôles masculins particuliers (participer à la vie politique), des droits (voter) et des devoirs (service militaire). De même, une femme n’est pas une Sapiens avec deux chromosomes X, une matrice et plein d’œstrogène, mais une femelle membre d’un ordre humain imaginaire. Les mythes de sa société lui assignent des rôles humains uniques (élever des enfants), des droits (celui d’être protégée de la violence) et des devoirs (obéir à son mari).

Comme ce sont les mythes, plutôt que la biologie, qui définissent les rôles, les droits et les devoirs des hommes et des femmes, le sens de la « masculinité » et de la féminité » a immensément varié d’une société à l’autre. Pour dissiper la confusion, les spécialistes distinguent habituellement le « sexe », qui est une catégorie biologique, du « genre », qui est une catégorie culturelle. Le sexe est divisé entre mâles et femelles, et les qualités de cette division sont objectives et sont demeurées constantes tout au long de l’histoire. Le genre est divisé entre hommes et femmes (certaines cultures reconnaissent d’autres catégories). Les qualités dites « masculines » et « féminines » sont intersubjectives et ne cessent de changer. Par exemple, en matière de comportement, de désir, d’habillement, voire de posture du corps, on n’attend pas du tout des Athéniennes modernes ce qu’on attendait des femmes dans la Grèce antique.

Mon avis sur le livre en vidéo :

Acheter le livre ici :

 

 

 

 

Publicités