La problématique du « passé » dans la tradition islamique. 

     La représentation du passé de l’islam, que ce soit dans les pays musulmans eux-mêmes ou en dehors d’eux, pose problème, notamment pour la période des origines, qui s’inscrit dans une histoire mythique. Certes « ce qui s’est réellement passé » nous échappe, mais l’histoire mystifiée après coup ne saurait remplacer celle qui manque et pose de nombreuses questions. 


Les deux sources qui restent sur le terrain (ou le terreau) de l’islam premier se trouvent en dehors du texte du Coran et sont largement décalées par rapport à lui. Elles présentent le double inconvénient d’avoir été produites dans des sociétés postérieures à la société d’origine en Arabie et d’avoir pour objectif affiché une représentation élogieuse du passé (et la justification du présent). 


La plus ancienne résulte de la commande officielle de la dynastie des Abbassides (750-1258), qui vient de renverser celle des Omeyyades ( 661-750), et veut raconter son passé en mettant en scène la figure de Muhammad, auquel elle est apparentée : c’est la sîra, ou « biographie de Muhammad ». On est alors dans la seconde partie VIIIe siècle-début du XIe siècle. La seconde source est plus tardive (milieu du IXe et du Xe siècle) : il s’agit des hadiths, qui constitue la sunna ou tradition du Prophète. On peut dire qu’ils sont la « commande » des sociétés converties, en mal d’une identité commune étant donné leur diversité, et à la recherche de modèles idéologiques fondateurs. Ce corpus est une compilation des actions et des paroles attribuées au Prophète, mais qui ne se trouvent pas dans le Coran. C’est une construction qui agrège divers éléments hétéroclites, et qui légitime comme « révélation », comme origine de l’islam, un corpus postérieur. Quoi qu’il en soit, le résultat est le suivant : le déficit d’histoire, le manque de factualité quant au « proto-islam » créent le trouble sur l’origine, et le salafisme, qui prétend pouvoir y avoir accès, résulte précisément, à mon avis, de ce trouble.


Selon un commentaire attribué à l’imam Ali, cousin et gendre du Prophète et quatrième calife, le Coran, tel un livre, se trouve prit dans deux couvertures : « Il ne parle pas, ce sont les êtres humains qui le font parler ». C’est évidemment une parole apocryphe, car au temps d’Ali, le livre appelé Coran n’existait pas encore. Mais elle exprime bien le problème de l’interprétation des origines. 


Rachid Benzine, « Des mille et une façons d’être juif ou musulman »


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