Présentation du livre « Le grand détournement » de Fatiha Boudjahlat. Par Cyril Chevrot.

2018-03-21-09-41-16

(Vous trouverez l’avis en vidéo en fin d’article)

Livre de Fatiha Boudjahlat sorti aux éditions du cerf

  • Date de sortie : 3 nov. 2017

  • 208 pages

  • En français

    Ce livre est un livre, je vous le dis de suite, que j’ai trouvé gé-nial.

Il traite du détournement sémantique de mots que l’on pensait connaître et qui ont été « détournés » ou vidés de leur substance, de leur sens, par des racialistes et des relativistes culturel.

Extraits du livre ici : 

Qui sont les racialistes et les relativistes ?
Les racialistes, ce sont les identitaires d’extrême droite, les islamistes et les indigénistes.

Les relativistes, ce sont des personnes de gauche principalement, consciemment culturalistes que Fatiha Boudjahlat appel les « bourgeois pénitents », je reviendrai sur ce terme après pour en donner, selon l’auteure, la définition exacte.

Alors, les mots qui ont été détournés, c’est par exemple : le racisme, le féminisme, la République, l’universalisme ou, par exemple, la laïcité qui est devenue un mot fourre-tout qui a perdu son sens, qui n’est plus utilisé par les vrais laïques mais plutôt contre les religions (celle de la communauté « voisine ») par ceux qui haïssent la République émancipatrice, comme les identitaires, les indigénistes et les islamistes. Ces derniers souhaiteraient avoir des communautés identitaires – préfabriquées- dociles, serviles et étanches les unes aux autres afin de grandir leur pouvoir de berger sur leurs communautés respectives.

Pourquoi haïssent ils la République ? Ils ont tous des raisons plus ou moins réelles, bien à eux, mais le véritable problème commun pour ceux-là est que la République émancipe les individus au lieu de les assigner à une religion, à une culture, à une ethnie, à une couleur ou à un patronyme, enfin, à une communauté qui les sépareraient à jamais de la communauté nationale en fabriquant de toute pièce une ou des altérités qui n’existent pas.

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Dans le livre Fatiha Boudjahlat montre comment les indigénistes se réclament d’une idéologie racialiste – officiellement antiraciste, issue du colonialisme, tout en dénonçant, paradoxalement, l’idéologie coloniale. Elle montre aussi comment après avoir craint le mot laïcité, les islamistes en ont fait une arme contre les laïques eux-mêmes en vidant le mot de sa substance et en y insérant un sens bien à eux qui sera longuement développer dans le livre. Elle montre aussi comment la gauche républicaine a abandonné des termes qui lui étaient constitutifs comme la laïcité, l’universalisme, le républicanisme pour les céder à l’extrême droite, par exemple, qui refaçonne ces mots afin d’en faire des armes contre toute altérité en générale et contre les immigrés -réels ou fantasmés- en particulier.

Ce livre « démonte » également  des termes comme « islamophobie », « racisme d’état » pour montrer que ces concepts fallacieux servent surtout de liant communautaire à quelques bergers malintentionnés qui souhaitent créer des clivages et des altérités artificiels ou il n’y en a pas. Elle cite évidemment dans ce rôle les autorités religieuses autoproclamés de France, les pseudos théologiens, le CCIF, Marwane Muhammad, le PIR, Houria Bouteldja mais bien d’autres encore comme des universitaires français….

Le féminisme est forcément universaliste sinon il n’est pas.

Et puis on passe à un gros morceau du livre qui est le féminisme. Fatiha Boudjahlat montre que le féminisme est forcément universaliste sinon il n’est pas. Comment les aspirations d’une femme noire ou orientale ne seraient pas les mêmes que celles des femmes blanches ? Encore une fois ici il est montré que les islamistes, les indigénistes et les identitaires sont d’accord sur un fond commun, bien qu’ennemis ils fonctionnent pareil, ils pensent qu’il y a féminisme blanc, un féminisme orientale possiblement défenseur du voile, etc… Comment pourrait il y a avoir plusieurs féminismes si le féminisme est l’émancipation de la femme par rapport au système patriarcal, aux systèmes patriarcaux ? L’auteure montre que cette manière de penser, présentée comme tolérante et antiraciste est au contraire raciste – au moins racialiste-  et condescendante parce qu’elle assigne des personnes, membre de la communauté nationale française, à une identité religieuse ou ethnique fixe, aussi préfabriquée que fausse, leur interdisant de penser leur féminisme en dehors des limites imposées par la communauté à laquelle on les assigne. On assigne en effet ces femmes à une identité orientaliste mais avec, cette fois, leur assentiment, pire, leur participation volontaire, enfin avec la participation de leur bergers autoproclamés que sont les indigénistes et leur idiots utiles : les culturalistes et les bourgeois pénitents.

« Qui sont ces bourgeois pénitents : Il s’agit de bourgeois blancs, qui sont victimes d’une culpabilité d’avoir de l’argent, d’avoir « réussit », d’avoir des privilèges, et qui s’encanaillent, qui frétillent à l’idée de s’approcher de la radicalité des quartiers. »

Fathia Boudjahlat montre également à quel point le voile est dangereux et pour la personne qui le porte et pour la société qui le « tolère » dans son entier. En effet si « la femme pudique » est voilée, la dé-voilée est forcément l’impudique et donc la pute à disposition des mâles en rûtes- frustrés. Elle montre également qu’une féministe ne peut être voilée car le voile est une injonction du patriarcat Oriental. Ces femmes réussissent pourtant le tour de force de faire croire à certains que le patriarcat est uniquement occidental et blanc, ce qui leur permet, avec toujours la complaisance d’une gauche molle qui a perdu sa substance et son attachement aux valeurs universelles, d’appeler féminisme ce qui ne combat que le patriarcat blanc occidental mais qui promeut, par le voile notamment, le patriarcat Oriental.

Fatiha Boudjahlat questionne aussi le fameux « mon voile, mon choix ».
Effectivement, en état de droit comme en France, et même si cela existe toujours, le rapport de contrainte direct d’un homme sur sa femme pour qu’elle mette le voile n’est pas LA règle même si cela existe encore bien-sûr. Néanmoins elle montre que dans un état de droit ce n’est pas la contrainte directe, que tout le monde condamne ou presque, qui doit être questionnée mais les conditions de »l’obtention de l’assentiment » des femmes pour le port du voile.

En effet, selon un exemple relaté dans le livre, si une femme grandie dans une famille ou la maman est voilée et qu’on lui explique depuis son jeune âge que le voile est la condition pour aller au Paradis, que le voile est l’instrument de la pudeur féminine –oui la pudeur c’est que pour les femmes–  comment faire un libre choix entre la pudeur et l’impudeur des non-voilées ? S’il n’y a pas, pour une femme, d’égalité morale entre le fait de mettre un voile et celui de mettre une petite jupe, peut on parler de véritables choix ? Notamment quand elles ont été voilées à un jeune âge comme c’est désormais le cas en France ?

Elle questionne aussi la loi de 1905 que tout le monde invoque quand parle de laïcité. Cette loi ne contient pas, pourtant, une seule fois le mot laïcité. Elle rappel que c’est une loi de séparation de l’église et de l’état et non l’Alpha et l’oméga de la laïcité.

Fathia Boudjahlat montre également comment Macron, notre président, et beaucoup d’autres politiques se trompent en parlant de laïcité ou de religion et pour cela elle les cite et montre en quoi leurs propos publiques sont, pour des personnalités politiques, une erreur.

Elle nous livre une conclusion à la fin du livre qui nous mets en garde contre l’utilisation que font certains ennemis de la République des mots et des concepts chère à la gauche qui à un peu de mémoire. Elle appel la gauche, traditionnellement républicaine, universaliste et progressiste à se réapproprier ces mots et ces concepts.

Voilà, nous arrivons à la fin, j’en ai beaucoup dit, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, je suis loin d’avoir tout dis et je n’ai pas livré tout le contenu du livre qui est extrêmement riche, détaillé, factuel et très très rigoureux.

Le livre est documenté, sourcé et les réflexions posées sont millimétrées !

Bref vous l’avez compris un excellent livre que je vous recommande chaudement.

Vous trouverez mon avis en vidéo ci dessous : 

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