Je suis un Français métissé par le Maghreb. De Cyril CHEVROT

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Pourquoi, bien que Français dit « de souche », je me sens culturellement métissé ?

Voici mon histoire :

Je venais de foyer de la campagne Lyonnaise et je suis arrivé – retourné – dans un quartier de ma ville de naissance. Je me suis intégré au quartier. Un peu difficilement, après quelques coups et quelques bastons mais c’est arrivé, je me suis intégré….

Et puis, je suis devenu, quelques années plus tard, musulman. Un musulman de l’islam des quartiers, un islam spécifique certes, mais Musulman.  J’ai goûté à la culture maghrébine, aux odeurs de cuisine pendant le Ramadan, j’ai prit l’habitude de l’odeur de la « Chorba » qui signifiait l’heure de manger pendant le Ramadan ou les makrouts que j’aime encore aujourd’hui ou même le coucous au lait caillé. Je me suis habitué au langage, à la mentalité, aux références intellectuels du Maghreb. J’ai été d’autan plus perméable à cette culture que je n’avais pas bénéficié de la transmission culturel de mon pays par ma famille.

J’ai habité chez une famille algérienne parce-que j’étais constamment en fugue de foyer et que ces gens recueillaient sans rien demander l’ami de leur fils, comme leur fils. Et j’ai goûté à la chaleur d’un foyer maghrébin moi qui n’avait connu que la froideur des foyers. Ces gens étaient des réfugiés politiques d’Algérie et j’ai donc vécu par procuration, avec eux, et souvent devant la parabole, les images atroce de la décennie noire algérienne

Je reste très attaché à ces personnes – qui ont disparus lors d’un tragique accident en Algérie ou j’ai perdu des parents et un frère, paix à leurs âmes – qui gardent une place haute dans mon cœur comme leur culture, leur us et coutumes, leur générosité, leur chaleur.

Je crois que c’est pour cette raison que je me sens culturellement métissé.

Mais un jour mon esprit indépendant et critique a voulu reprendre le dessus. Ma recherche spirituel a donc repris son cours et cet islam des quartiers, je l’ai rejeté.

Je reste très attaché au Maghreb et à cette culture que j’ai découvert d’abord dans ma jeunesse et que j’ai approfondi plus tard dans les livres.

À l’époque on louait ma tolérance et mon farouche anti-racisme qui allait jusqu’à essayer de convaincre les racistes par le débat qu’ils se trompaient quand ils avaient peur de venir dans notre quartier ou qu’ils se méfiaient de nous.

Mais depuis que j’ai quitté « l’Islam des quartiers« , que je le critique et le prend pour ce qu’il est – une spiritualité bas de gamme pour jeunes perdus – on me traite de raciste. Depuis que j’admire les libres penseurs du Maghreb on m’appelle parfois islamophobe.

Je ne me plains pas car nous qui avons grandi dans ces quartiers nous savons pourquoi il en est ainsi. Nous savons que si je m’appelais Rachid ou Kamel on m’appellerait le vendu, le traître ou peut-être le Harki comme si c’était une insulte.

Bref, tout cela pour dire que je reste très attaché à cette culture qui est, quoique chacun en dise, une part de moi-même et que je me suis approprié au même titre que je me suis approprié des « Voltaire » ou des « Rousseau ».

Et quoi que les imbéciles et autres haineux en pense je suis fermement antiraciste au côté des Maghrébins, mais au côté de ceux qui sont républicains, humanistes et ayant le même amour que moi pour l’exercice de la pensée.

Cyril.

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