Le féminisme blanc VS le féminisme islamique. Par Joumana Haddad, poétesse, journaliste Libanaise.

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Alors qu’on pourrait très justement qualifier le féminisme des années 60 et 70 de féminisme blanc, je ne pense pas du tout, si on a la possibilité d’étudier toute la diversité et les ramification qu’il a pris après les années 2000 un peu partout dans le monde, de continuer à accuser le féminisme occidental d’être un féminin blanc.

Le voile n’est pas comme certaines essaient le défendre, l’expression d’une diversité « culturelle », mais bel bien un outil de différenciation et de discrimination religieux

On ne peut pas non plus défendre le féminisme islamique au nom du respect de la diversité: ce serait malhonnête. Prenons l’exemple du voile. Le voile n’est pas comme certaines essaient le défendre, l’expression d’une diversité « culturelle », mais bel bien un outil de différenciation et de discrimination religieux, du simple fait qu’il est imposé strictement aux femmes, et qu’il n’existe pas une expression culturelle équivalente pour l’homme musulman. C’est la femme qui est la « aoura »(1) , c’est à elle de se cacher et de passer inaperçue.

Cette hyper-sexualisation (2) de la femme, représentée par le voile, ou pire, par le burqa, est à l’image de l’hyper-sexualis tion de la femme Playboy.

Et le comble, c’est que les féministes arabes qui osent soulever ces sujets tabous, sont toujours accusées d’être influencées par un féminisme occidentaliste et blanc et ce afin de les marginaliser d’étouffer leurs voix et de minimiser leur importance.

Évidemment il y a plusieurs féminismes, mais de là à dire qu’une femme en burqa peut être féministe, cela relève de la fausseté, ou du déni, de l’auto-contradiction.

Et ce que je trouve le plus hypocrite à ce niveau, c’est un certain féminisme occidental qu défend ce qu’il aime appeler « relativisme culturel »(3), mais qui se trouve aussi dans le dédoublement de propos. Certaines féministes de ce courant vont jusqu’à soutenir des abominations comme mariage des mineures, justement au nom de ce prétendu relativisme culturel.

Les droits humains sont universels, ils ne sont pas monopole de l’Occident.

Le féminisme a toujours été dans sa plus simple conception l’égalité dans les droits et les rôles. Or les religions monothéistes n’acceptent pas ce discours d’égalité et proposent en compensation un discours de complémentarité, à mes yeux très condescendant.

(1) : Dans la religion de l’Islam, le terme aoura désigne toute chose restée à découvert ou toute partie du corps que l’être humain cache par pudeur et faisant partie de sa vie privée, car la pudeur est considérée comme « une branche de la foi ».

(2) J’ai produit un texte sur le sujet il y a quelques années : https://cyrilc42.blog/…/le-femme-voilee-vs-femme-hyper-sex…/

(3) relativisme culturel dans le féminisme : https://cyrilc42.blog/…/lamnesie-des-feministes-post-moder…/

Joumana Haddad, poétesse, journaliste Libanaise, militante pour les droits de la femme et enseignante à l’Université de Beyrouth.

Propos recueillis par Hamid Zanaz dans son livre  » non! nos voix ne sont pas une honte »

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