Lettre à mon passé. Par Cyril Chevrot.

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Lettre à mon passé.

Cher « Passé », je voulais t’écrire cette lettre pour te dire que ton oubli est difficile, aussi difficile que ta présence !

« Passé », tu es injuste car tu es le seul « bien » de l’opprimé et en même temps ton abolition est le seul moyen de rédemption pour l’oppresseur.

« Passé », j’ai peur de t’oublier car toi seul est la preuve, le rappel, de la force qui est en moi et dont je doute, pourtant, régulièrement.

« Passé », tu es pour moi comme une vieille relique rassurante, pourtant, ta présence dans ma mémoire réactive, avec douleur, le volcan qui jadis coulait dans mes veines.

« Passé », tu es pour moi comme le boulet d’un forçat mais je ne peux pas t’anéantir sans prendre le risque d’anéantir une partie de moi-même.

« Passé », tu es ambivalent, tu représentes en même temps les pires et les meilleurs années de ma vie.

« Passé », je t’aime parce-que tu es MA preuve que même lorsqu’on est livré à soi-même, parmi les hyènes, on peut choisir de prendre les bonnes décisions au bon moment.

« Passé », je te déteste car tu m’as forcé trop tôt a voir les aspects sombre de l’humain.

« Passé », tu es partout, dans les yeux des anciens de ma ville, dans les yeux des grands du quartier devenus pères où de simple naufragés en galère, tu es aussi dans les yeux des OPJ de ma ville et c’est là que je vois tout le chemin que j’ai du parcourir en restant pourtant sur place. Et je te vois finalement
dans les yeux de ma magnifique femme qui a assisté patiemment, et impuissante, à une transformation aussi rude que difficile.

« Passé », t’oublier serait comme oublier les promesses que je t’ai faites, de ces promesses qui m’ont maintenu debout quand la vie se voulait écrasante.

« Passé », j’ai du mal a oublié les compagnons fidèles que tu m’as fourni pour que je reste debout. Ils n’étaient pas nombreux mais je remercie angoisse, colère, larme et rage de vivre…

« Passé », j’ai cru que tu étais une partie de moi mais, en fait, tu n’es qu’une partie de ma vie.

« Passé », on dit que tout ce qui ne tue pas rend plus fort mais en fait tu m’as appris que tout ce qui ne tue pas rend simplement plus vivant.

Tu m’as compris « passé » je t’aime autant que je te maudit.
Tu me renforces autant que tu m’affaiblis.

Cyril.

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