D’abord un texte sur l’enfance :

Incompris de mes parents qui n’entendent pas le séisme qu’est un placement pour un enfant de 7 ans.

Incompris de ces éducateurs qui me disaient qu’être un bon gars c’est être un gars qui marche au pas de ceux qu’on appel les »normaux ».

Incompris des enfants du village qui ne savaient pas que la violence n’est pas, chez nous, un mépris mais un langage.

Incompris du CPE qui me disait que l’école serait mon échappatoire, alors que je la voyais comme une prison de haute sécurité, un exutoire.

Incompris du psychologue qui me montrait des taches sur du papier pour comprendre pourquoi, à l’école, je n’obéissais pas.

Incompris des parents d’élèves qui recommandaient à leur enfants de ne pas trainer avec nous, les cas sociaux de la DDASS.

Incompris de ces profs qui me disaient que l’intelligence et le savoir passaient par la mise en mode « passif » de mon esprit et de mon intellect.

Aux profs inutiles qui m’ont appris qu’il vaut mieux se laisser traiter d’inculte par des instructeurs blasés que de les laisser m’instruire de leur inculture.

Incompris de ces profs désireux d’accaparer mon intellect à des choses moins importantes, pour moi, que de savoir quel serait la teneur du maigre repas du soir.

Incompris de mes amis du quartier qui ne m’approuvaient pas, parce-que je n’avais pas un amour inconditionnel, pour le quartier, quand il avait tendance a être injuste.

Incompris de l’assistance sociale qui mettait à ma disposition tous les moyens matériels pour ma réussite scolaire. Alors que mon manque principal, source de mon agitation, n’était pas matériel.

Incompris de ces agents en bleu qui me disaient que ma majorité serait serait le top départ d’une série d’aller-retour en prison alors que je n’y ai jamais mit les pieds.

Imcompris de ma famille qui pensait qu’un voyou est une âme mauvaise au lieu de voir que c’est une âme en détresse.

Incompris de mes amis de « bonne famille » qui devaient découvrir, avec moi, que la misère est un ciment qui m’éloignait d’eux pour me rapprocher, inévitablement, de mes « semblables ».

Incompris de la juge des enfants qui me disait que c’est en foyer, au milieu de délinquants, que je trouverai le mode d’emploi d’une vie saine et sans histoires.

Incompris de ma princesse qui désespérait de voir son amour stopper l’hémorragie qui détruisait mon cœur.

Incompris de ceux qui ne savent pas que ce que c’est de vivre une enfance de foyer et de n’avoir en potes d’enfances que la haine, la colère et la peine, les seules véritables alliés vraiment fiable dans cette vie de nomade.

Incompris des jeunes que leur mère appel chaque soir à l’heure du repas, pendant que mon frigo faisait de la peine a voir.

Incompris des étoiles la nuit, qui me donnaient à voir leur silence quand je demandais un simple signe et un peu de réconfort.

Incompris de la solitude qui ne voit pas que sa présence est la seule constante rassurante de mon existence d’enfant.

Incompris de mes employeurs qui apprendront qu’aucune de leur cravate ne peut m’donner des ordres !

Incompris de cet inspecteur qui ne comprends pas que sa loi ne m’intéresse que si je peux en débattre l’utilité et l’éthique.

Incompris du JAP qui me demande si je prends de la drogue, pensant que je ne respect pas mon corps parce-que je ne respect pas SA loi.

Incompris du cadre judiciaire parce-que ces cons ne voyaient pas que je cherchais du sens a une éthique, pas une direction à suivre imposée par la matraque.

Incompris de ceux qui voyaient la défaite et l’échec dans mon regard, alors que mes entrailles brulaient d’un excès d’ambition mais une ambition bien différente de la leur.

Incompris de ceux qui pensaient que mon salut était dans le travail alors que je savais qu’il était dans le travail sur moi-même.

Incompris de ceux qui n’ont pas vu que ma fuite en avant était un instinct de survie pour éviter les brûlures du passé.

Incompris par ceux qui ne savent pas qu’il m’a fallut mourir pour pouvoir me reconstruire.

A vous tous, qui ne m’avez pas compris, merci d’avoir renforcé mon esprit de revanche !

Cyril.

Prenez soin de vos vies !

1️⃣ Nous vivons toutes et tous une enfance, plus ou moins heureuse, avec des parents plus ou moins présents (travail), plus ou moins dysfonctionnants et avec, donc, chacun nos bleus, nos contusions physiques et mentales au milieu des joies éphémères de cette période.

2️⃣ Immédiatement après cette période, si nous avons survécu, nous atteignons la période dite « adulte » (active comme disent les Néo-Libéraux). Période au court de laquelle nous passons le plus clair de notre temps à travailler pour survivre ou pour accéder aux rêves vendus par les publicitaires et autres icônes « starifiées ».
Une lutte sans merci contre le monde entier commence :

◾Par la compétition des patrimoines individuels d’abord.

◾Par la fameuse « réussite professionnelle » dont on entend si souvent parler, ensuite.
Lutte dans laquelle nous enferment nos sacro-saints technocrates et autres petits économistes sympathisants. Avec leurs concepts de croissance positive obligatoire et infinie, et de compétition de productivité avec une amélioration sensée être sans limites.
Cette société engendrera dans nos corps et nos psychés moultes frustrations, paradoxes, déséquilibres et donc cicatrices supplémentaires qui s’additionneront avec nos plaies d’enfances. Allant parfois jusqu’à nous tuer par épuisement ou par des attitudes autodestructrices de compensation.

Nous nous divertissons à l’excès pour supporter le poids de notre usure, de notre inconscience volontaire, de notre servitude volontaire, de notre manque de spiritualité, de nos lâchetés et de notre manque d’éthique.
La fuite dans le « tout divertissement », pour le peu de temps restant, ne sera qu’un pansement qui nous fera tenir en déséquilibre un peu plus longtemps.

3️⃣ Et si nous avons de la chance, que nous avons tenu jusque là, que les poisons quotidiens dont nous abreuve notre société ne nous ont pas encore tué, alors nous arriveront enfin à l’âge de « sagesse »et à la fameuse retraite…..
Ce moment où l’on se rend compte que l’on a peut être gâché une bonne partie de sa vie. Que l’on est pas devenu riche, comme le disait les pubs hypnotiques et propagandesques de nos chers publicitaires, et que l’on est vide de sens, bourré de regrets de tout ce temps perdu à se « vendre » et à s’occuper pour oublier la misérable vie qui est la nôtre.
Cet âge ou l’on se rend également compte que l’on a travailler pour des choses qui n’en valaient pas forcément la peine, que l’on a négligé sa santé mentale et physique pour des impératifs qui n’en étaient pas réellement. Et ce moment ou l’on s’appercoit que toutes les plaies additionnées au long de nôtre vie appellent à faire enfin l’addition qui s’impose à nous…..
Une lourde additions dont la mort viendra peut être nous délivrer rapidement.
Écoutez les anciens et leur bilan de vie. Vous verrez que cette vie que vous vous imposez ne mérite pas d’être vécue ainsi.

Combien de temps allons nous supporter ce genre de vie qui tue d’abord notre humanité avant de s’attaquer à notre santé ?!

Cyril.

Quand je t’ai rencontré dans ce collège, la première fois que je t’ai vu ce sont tes grands yeux qui m’ont attiré.

Je ne m’occupais pas des petites-amies à 15 ans, mes potes étaient tout pour moi. Mais ton regard m’a déstabiliser. Tu avais ce charme qui est caché dans un voile d’humilité. Personne autour de moi n’avait vu cette beauté, pas même toi je pense, moi si. Ce n’était pas une beauté physique uniquement mais une douceur dans le regard surtout, une histoire, une blessure et peut-être une douleur qui m’était familière.

Après ce tour d’auto-temponneuse ensemble il n’a pas fallut longtemps pour que plus rien ne nous sépare.

Quelques jalousies extérieures poussant des gens à nous monter l’un contre l’autre ont ici et là fait tanger notre barque d’amoureux mais jamais notre amour de l’un pour l’autre ne s’est désisté.

Même pas un placement de force dans une ville loin de toi n’a eu raison de Nous. Même pas les crevards qui se proclamaient « mes frères » et qui venaient te taper leur baratin quand je n’étais pas là.

Et puis je me souviens que tu regardais le cas-social, affublé de vêtements du secours catholique, que j’étais avec tellement d’amour pendant que d’autres femmes regardaient celui qui avait la dernière BMW et les sapes à la mode.

Je me souviens le nombre de fois où tu m’as apporté à manger, une veste chaude, quand j’étais frigorifié et en fugue du foyer ou un peu plus tard véritablement à la rue.

Tu as parié sur un « looser né » quand beaucoup d’autres cherchaient un prince en place, un assenseur social qui les feraient sortir de leur condition ou au moins de leur quartier.

Plusieurs fois dans ma jeunesse j’ai posé genoux à terre et toujours autour de moi je n’ai trouvé que le vide, enfin presque car j’ai toujours trouvé une femme, une douce princesse aux origines portugaises.

La seule à être toujours à mes côtés quoi qu’il arrive.

Et puis un jour j’ai cessé de pleurer mes bleus et mes plaies de jeunesse. J’ai vu dans le reflet de tes yeux la beauté et la force que je ne percevais plus en moi.

Je me suis relevé. Par le travail un peu, par les livres c’est sûr, par la confiance d’amis aussi, mais par l’amour que tu me portais surtout.

Et puis nous avons commencé à construire notre Temple.

Au départ ce n’était pas facile de vivre à deux caractères forts dans un petit appart mais après quelques années de « réglages » et beaucoup d’amour, nous y sommes arrivés.

Je me souviens notre premier appart avec un vieux chauffage au fioul….il n’est pas de plus bel appartement au monde mais trop petit pour notre famille qui commençait à grandir.

Nous avons eu un enfant, du travail pour deux, puis plus d’enfants, puis des chances, des malchances mais tellement plus de joies que de peines offertes par la vie.

Nous avons grandi à deux, découvert à deux, appris à vivre à deux, appris à construire à deux.

Nous avons découvert tellement de choses ensemble. Fêté tellement de moments de joie ensemble. Découvert tant de lieux ensemble.

Le temps a passé et nous avons comblé nos failles à deux, guéri nos blessures d’enfances à deux, appris à construire le bonheur à partir de rien d’autre que de fragments d’amour, à deux aussi.

Et puis nous arrivons à ce que l’on vit aujourd’hui : le bilan temporaire ? J’ai passé plus de temps avec toi qu’avec n’importe qui d’autre en ce monde et tu as réussi à remplacer toutes mes peines par de la joie. Tu as civilisé mes rages. Transformer toutes mes failles par de la force, tous mes aveuglements par de la lucidité.

Le mot « je t’aime » a plusieurs signification selon qui le prononce et la période de notre vie à laquelle on le prononce et ce long texte est la signification précise de ce que je veux dire aujourd’hui quand je te dis « je t’aime » et, JE T’AIME Florence Chevrot !

Cyril.

Dieu :

Je ne peux croire en un dieu qui maintienne ses enfants dans le droit chemin par la peur et la récompense.

Que devrions nous apprendre d’une vie comme cela ? Qu’il faut obéir à la peur – de enfer – et céder aux récompenses – du paradis -, être manipulable et intéressé, donc ? Que l’on doit forcément souffrir pour être récompensé, pire que la souffrance est un indicateur du « bon chemin » ? Que si l’on est dans la plénitude – ou au moins relativement heureux – c’est parce que le brasier nous attend forcément ? Que la compréhension n’est rien tant que l’obéissance aveugle est observée? Que ce Dieu est poussé la perversion jusqu’à nous mettre sous le nez ce qui est interdit et nous interdire de faire sur la terre ce qui nous sera autorisé en quantité illimitée au Paradis ?

Que ce Dieu soit si orgueilleux qu’il ne nous est créé que pour nous fouler aux pieds ?

Je ne peux croire en un Dieu qui soit pareil pervers et pareil tyran. Je ne peux croire en un Dieu qui a l’aspect si….. Humain.

À mes filles :

C’est troublant des filles, surtout quand vous êtes leur père. Vous y voyez la même beauté que celle qui vous a transcendé quand vous êtes tombé amoureux de leur mère. Elles sont comme des fleurs précieuses qu’on a peur de voir faner à cause de la « vie ».

Elles sont ce qu’il y a de plus cher à vos yeux parce que vous percevez en elles toutes les qualités qu’il vous manque et que cela leur donne une beauté exceptionnelle à vos yeux. Ces mêmes qualités qui vous ont plu chez leur mère…..en plus d’avoir quelques-unes des vôtres, cette « alliage » est un trésor.

Mes filles ne sont pas des perles mais des guerrières qui ont un filet de sécurité que l’on appel un père aimant.

Je vous aime les filles.

Cyril .

A mes fils :

C’est troublant un enfant qui vous ressemble parce-qu’il est votre fils – ça marche pour les mamans avec leurs filles -, qui de surcroît vous immite, par amour sûrement, mais surtout parce-que vous êtes l’exemple le plus parfait qu’il est à disposition de ces petits yeux impressionnables.

Il se place devant vous comme un « miroir » extrêmement troublant tellement il vous ressemble. Vous voyez sur lui tout ce qui vous irrite chez vous, mais aussi et surtout tout ce que vous avez aimé chez vous et que vous avez oublié.

Et puis vous voyez aussi une version 2.0 de vous-même, c’est vous en beaucoup mieux et cela vous rassure. C’est une partie de vous mais avec tellement d’eux-mêmes…. tellement de différences en fait.

Je vous aime mes fils.

Cyril.

Je suis devenu musulman :

Quand j’étais adolescent je n’ai jamais réussi à me convaincre d’obéir aux hommes et à leurs institutions. J’avais peur qu’en écoutant, ou en imitant les autres, je cumule mes propres erreurs à celles des autres en surplus. J’avais peur également d’être enfermé dans des dogmes humains et qu’on m’empêche de réaliser le plein potentiel de mon libre examen, de ma liberté de penser et d’agir. N’ayant aucun apport culturel, cultuel ou traditionnel sain dans mon héritage personnel, j’étais en crise identitaire et existentielle.

Je n’ai jamais trouvé de réconfort, ou de ligne de conduite, ou encore d’utopies idéalistes satisfaisantes à suivre, dans le modèle sociétal de mon environnement proche et du pays qui était le miens. Le consumérisme, ou la réalisation par « l’aliénation volontaire » au capital, ne sont pas des « utopies » qui me suffisaient en terme de « sens donné à la vie » et de quête d’un idéal plus grand que soi. Le rêve de la réalisation de soi par le matérialisme, au sens commun comme au sens philosophique du terme, ne m’a jamais convaincu.

J’ai donc embrassé « L’Islam du quartier » – wahhabitophile plus ou moins consciemment – car c’etait le modèle métaphysique ou/et l’utopie idéaliste alternative la plus proche, de mes convictions d’alors et, parce-que c’est aussi l’idéologie la plus anticapitaliste à disposition immédiate au milieu d’un quartier populaire français, depuis que le communisme s’est effondré, du moins. Comme le remarque Amin Maalouf -que j’ai découvert plus tard- dans « Les désorientés » il est des « barbes Islamiques » et des hijabs qui ont une parenté idéologique certaine avec le t-shirt du Ché des années 1970.

Cette utopie était théoriquement en parfaite adéquation avec mon rejet du « rêve américain » et du « syndrome du larbin » -modèle plus français de la nouvelle utopie néolibérale de réalisation de l’être par le « travail » et l’argent.

En prime, je pensais suivre la volonté de Dieu, soit l’autorité suprême en ce monde. Imaginez la puissance d’une telle illusion quand elle ne trouve, dans la société dans laquelle elle se développe, aucune contre-argumentation tangible autre que le rejet épidermique, parfois raciste, en face d’elle.

Rien d’extérieur à mon dogme et à la parole de « mes frères » musulmans ne pouvait me faire douter de mon choix.

Quoi de plus attirant pour un jeune en crise existentielle dans ce pays qu’une « idéologie prêt-à-porter » qui épouse vos colères, vos frustrations et vos rejets avec, en prime, la légitimité divine ? Enfin une autorité à laquelle je pouvais remettre mon être sans risques, pensais-je. En effet cette autorité prenait en charge mon quotidien -je ne volais plus, j’avais une « famille » fraternelle, j’avais un code de conduite précis, un corpus rituel structurant, ma crise existentielle était ainsi apaisée: pas d’anéantissement de « l’être » après la vie terrestre. De plus, les gens « biens », écrasés dans cette vie injuste, seraient récompensés dans la « vie d’après ». Une autre version du fameux « les derniers seront les premiers ». Une proposition alléchante quand tu as eu l’impression d’être constamment foulé au pied par toute la société dans laquelle tu vis et que tu nourris une forte amertume et un profond ressentiment envers elle.

Et puis j’ai fini par voir doucement la perfectibilité de ce chemin que j’avais adopté à la hâte. En effet si celui-ci répondait très rapidement à mes besoins les plus immédiats (autorité, identité, métaphysique, modèle idéaliste), et si je ne cédais plus à mes anciens travers, j’en avais adopté d’autres, moins visibles, mais peut-être plus graves dans le sens où ils étaient empreints de jugement de valeur envers les gens. Et de classement « éthique » selon la dévotion des uns et des autres pour cet l’islam que l’on m’avait apprit et qui était pour moi le seul islam légitime à l’époque. Quand j’ai commencé à me rendre compte de cette perfectibilité, une brèche était en train de s’ouvrir en moi.

De plus, mon cœur n’était pas assez apaisé à cause de ce « nous » et de ce « eux » que cette idéologie prônait de manière plus ou moins explicite et de manière plus ou moins haineuse. Mon intelligence n’était plus nourrie car plus rien ne nécessitait de réfléchir, d’autres l’avaient fait pour moi avant -les grands savants de l’islam-, je n’ai plus qu’à suivre les prescriptions de Dieu sans questionnements et sans effort de compréhension. Ma spiritualité était désormais étouffée par des considérations « bas de gammes »sur l’humain et la création (souvent en rapport avec le désir charnel). La plasticité de mon éthique était comme bridée par une perception « totale et normative » du monde, qui ne souffrait aucune nuance. Bref, je me sentais étouffé à tous les niveaux de ma vie intérieure et extérieure et je commençais à chercher les raisons de cette claustrophobie soudaine.

Il y a eu de multiples réponses et de multiples causes a mon choix d’ouvrir les yeux sur ce dogme que j’avais embrassé et que je ressentais désormais comme une prison plus que comme une émancipation. Cependant, les réponses les plus déterminantes ont été qu’à la vérité je me rendais compte que je ne suivais pas réellement les prescriptions de Dieu mais plutôt les prescriptions de ses « ventriloques » auto-proclamés et que je ne voyais aucune justification dans les textes saints du « bagage traditionnelle » que l’on tentait de me transmettre et de m’imposer, parfois. Je cherchais à fuir le « suivisme capitaliste » et ses myriades d’illusions et j’ai adopté, par mégarde mais surtout par ré-action, le suivisme religieux le plus avilissant et…..ses illusions.

Je me souviens d’une fois où une personne, que je tenais en haute estime, alors que je venais de refuser un éventuel mariage avec sa fille (j’étais déjà avec ma princesse et femme actuelle, mon cœur étant très puissant dans la chaîne de décision chez moi), me dit « Marouane (c’était mon surnom à l’époque) a voulu devenir un arabe et il a échoué….. » Cette phrase a été un électrochoc glaçant pour moi, je n’ai jamais cherché à être un « arabe » je suis français depuis toujours et fière de l’être depuis toujours, en revanche j’ai cherché une « voie » dans l’islam qui s’est présenté à moi, mais ça personne ne l’a vu, personne ne l’a compris, était-ce important pour quelqu’un d’autre que pour moi ?

Je cherchais à fuir le suivisme capitaliste et j’ai adopté le suivisme religieux.

D’ailleurs le comportement des « croyants » que je côtoyais ne me paraissaient pas être d’une haute éthique, pire, j’avais vu des athées avec plus de valeurs morales, ce qui fût une énorme déception pour moi. Comment un dogme aussi légaliste peu t’il donner des comportements aussi médiocres ?

J’ai suivi des hommes et des institutions religieuses construites et tenues par des hommes sans m’en rendre compte alors que je refusais de suivre les hommes et leurs institutions. L’Islam des quartiers, en tant qu’institution religieuse, m’avait eu avec ses illusions et ses fausses promesses. J’ai naïvement cru que je suivais un corpus sacré parce que divin, en réalité je suivais la sacralisation de réflexions et d’interprétations profondément humaines…. et donc aussi perfectibles que les réflexions humaines les plus communes.

J’ai naïvement cru que je suivais un corpus sacré parceque divin alors que je suivais la sacralisation de réflexions et d’interprétations profondément humaines….

A ce moment j’ai compris que LA vérité n’existe pas. J’ai compris que le chemin vers Dieu est un voyage, une direction, une recherche, une introversion et non un corpus idéologique, légaliste, avec une légitimité « magique », ou une perfection comportementale figée à atteindre par un mimétisme quotidien strict. Au contraire le chemin vers Dieu est un comportement mobile, « plastique », qui embrasse tous les contextes par la direction éthique qu’il propose, notamment par l’expérience de Vie.

En vérité j’ai abandonné des concepts d’hommes pour suivre d’autres concept d’homme……

La seul chose positive que je garde de cette époque est la prière qui m’a appris l’introspection quotidienne et intense. Ces moments m’ont beaucoup apaisé et réconforté, n’en déplaise aux athées les plus forcenés.

Depuis j’ai décidé, par fidélité à mon ambition de départ – à savoir ne pas suivre les hommes mais plutôt à chercher moi-même un comportement éthique grâce aux grands hommes à qui j’aurais moi-même donné une légitimité, de ne plus faire partie d’aucun « camps »qui diviserait les Hommes.

Dans ma quête je n’ai plus de « limites », plus de barreaux, plus d’interdits, à-priori, sans retours d’expériences, plus de compte à rendre, plus de pression, plus de règles illogiques qui alimentent les frustrations. Je me réclame de toutes les sagesses d’où qu’elles viennent tant qu’elles parlent à mon âme. Je peux prendre des sagesses du Coran comme de la Bible, de Maimonide comme de Nietzsche, de l’Avesta comme du Mahâbhârata, de la Torah comme de Spinoza, de Ibn Sina comme de Voltaire etc..

Je n’ai pas d’amertume envers l’Islam, au contraire, j’ai une tendresse et un amour intuitif pour cette religion de mon enfance. Et puis j’ai compris que l’islam que j’ai pratiqué n’est pas « l’Islam » mais c’est un islam particulier issu de l’impérialisme religieux de pétro-monarchies qui font « commerce » de la misère sociale et éducative en banlieue française, commerce de la colère et de la frustration, parfois légitime, qui y siège. Moi je n’ai été qu’un « dommage collatéral » de ces politiques cyniques et du laisser faire des gouvernements de mon pays.

En réalité L’Islam possède beaucoup de richesses que je n’ai découvert que plus tard avec un émerveillement qui a réenchanté mon cœur et mon âme de croyant. Cela m’a donné envie de partager ces trouvailles que je n’ai pas vu, moi, assez tôt pour éviter de perdre du temps avec « L’Islam des quartiers ». Pour éviter de perdre du temps à enfermé mon cœur et mon âme dans une « spiritualité » qui sent le renfermé.

Aujourd’hui je garde une forte affection pour L’Islam et pour les cultures dont cette religion est issue mais si je pouvais parler au gamin que j’étais, je lui dirai de ne jamais être le Fils d’un seul livre, même si pour moi on est tous les Fils d’un seul Dieu, qu’il soit le « surhomme » de Nietzsche ou le barbu anthropomorphique des monothéismes.

Mais je n’oublie pas que :

Je venais de foyer de la campagne Lyonnaise et je suis arrivé – retourné – dans un quartier de ma ville de naissance. Je me suis intégré au quartier. Un peu difficilement, après quelques coups et quelques bastons mais c’est arrivé, je me suis intégré….

Et puis, je suis devenu, quelques années plus tard, musulman. Un musulman de l’islam des quartiers, un islam spécifique certes, mais Musulman. J’ai goûté à la culture maghrébine, aux odeurs de cuisine pendant le Ramadan, j’ai prit l’habitude de l’odeur de la « Chorba » qui signifiait l’heure de manger pendant le Ramadan ou les makrouts que j’aime encore aujourd’hui ou même le coucous au lait caillé. Je me suis habitué au langage, à la mentalité, aux références intellectuels du Maghreb. J’ai été d’autan plus perméable à cette culture que je n’avais pas bénéficié de la transmission culturel de mon pays par ma famille.

Et j’ai habité chez une famille algérienne parce-que j’étais constamment en fugue de foyer et que ces gens recueillaient sans rien demander l’ami de leur fils, comme leur fils. Et j’ai goûté à la chaleur d’un foyer maghrébin moi qui n’avait connu que la froideur des foyers. Ces gens étaient des réfugiés politiques d’Algérie et j’ai donc vécu par procuration, avec eux, et souvent devant la parabole, les images atroce de la décennie noire algérienne

Je reste très attaché à ces personnes – qui ont disparus lors d’un tragique accident en Algérie ou j’ai perdu des parents et un frère, paix à leurs âmes – qui gardent une place haute dans mon cœur comme leur culture, leur us et coutumes, leur générosité, leur chaleur.

Je crois que c’est pour cette raison que je me sens culturellement métissé.

Mais un jour mon esprit indépendant et critique a voulu reprendre le dessus. Ma recherche spirituel a donc repris son cours et cet islam des quartiers je l’ai rejeté.

Je reste très attaché au Maghreb et à cette culture que j’ai découvert d’abord dans ma jeunesse et que j’ai approfondi plus tard dans les livres.

Cyril

La peur :

Quand j’étais ado je n’avais pas peur de grand chose ou de grand monde tellement je n’avais rien à perdre et tellement mon cœur était replié sur lui-même comme un géranium qui survie à la sécheresse et qui hiberne en hiver. Pire mourir, à cette époque, aurait peut-être été comme m’enlever une épine du pied.
En cause ?
Une jeune vie douloureuse et l’inconscience de ce que la vie avait à m’offrir, malgré tout.

Et puis avec l’amour, la construction d’un couple et d’une famille dans un ultime réflexe de survie j’ai fini par faire fleurir mon cœur comme une fleur fragile, mais gracieuse, au printemps.

Maintenant que j’aime puissamment, que je sais la joie, le bonheur et la saveur « d’aimer » j’ai repris goût à la vie. Même à des petits rien que l’on aime tous comme un bon livre ou une bonne bière fraîche en été avec des amis ou de la famille.

Mais, car il y a un « maïs », après quelques années de maturation de mon être, je suis devenu conscient que tout cela est, non pas éphémère, mais périssable.
Je sais, à présent, que tout cet amour me sera ARRACHÉ et que je devrais, un jour prochain, quitter ces gens et cette vie que j’aime, désormais, de tout mon cœur.
Tout comme la fleur du printemps, devra connaître son automne avant de mourir au début de l’hiver.

J’ai apprit à vivre, désormais je dois apprendre à mourir. Comme l’ont enseigné les plus grands sages et les plus immenses philosophes du monde. Le premier enseignement quand on apprend à mourir c’est de vivre dans l’intensité du moment présent avec, le plus possible, les gens que l’on aime dans des situations que l’on aime.

L’amour comme la vie sont si dur à construire et si fugace devant l’immensité du cosmos qu’il ne faut surtout pas oublier de s’en délecter intensément au quotidien.
N’oubliez pas qu’il n’y a que dans l’instant présent que l’on ressent le « goût » de l’éternité.

Bien à vous, bonne journée

Cyril.

Lettre à mon passé.

Cher « Passé« , je voulais t’écrire cette lettre pour te dire que ton oubli est difficile, aussi difficile que ta présence !

« Passé« , tu es injuste car tu es le seul « bien » de l’opprimé et en même temps ton abolition est le seul moyen de rédemption pour l’oppresseur.

« Passé« , j’ai peur de t’oublier car toi seul est la preuve, le rappel, de la force qui est en moi et dont je doute, pourtant, régulièrement.

« Passé« , tu es pour moi comme une vieille relique rassurante, pourtant, ta présence dans ma mémoire réactive, avec douleur, le volcan qui jadis coulait dans mes veines.

« Passé« , tu es pour moi comme le boulet d’un forçat mais je ne peux pas t’anéantir sans prendre le risque d’anéantir une partie de moi-même.

« Passé« , tu es ambivalent, tu représentes en même temps les pires et les meilleurs années de ma vie.

« Passé« , je t’aime parce-que tu es MA preuve que même lorsqu’on est livré à soi-même, parmi les hyènes, on peut choisir de prendre les bonnes décisions au bon moment.

« Passé« , je te déteste car tu m’as forcé trop tôt a voir les aspects sombre de l’humain.

« Passé« , tu es partout, dans les yeux des anciens de ma ville, dans les yeux des grands du quartier devenus pères où de simple naufragés en galère, tu es aussi dans les yeux des OPJ de ma ville et c’est là que je vois tout le chemin que j’ai du parcourir en restant pourtant sur place. Et je te vois finalement
dans les yeux de ma magnifique femme qui a assisté patiemment, et impuissante, à une transformation aussi rude que difficile.

« Passé« , t’oublier serait comme oublier les promesses que je t’ai faites, de ces promesses qui m’ont maintenu debout quand la vie se voulait écrasante.

« Passé« , j’ai du mal a oublié les compagnons fidèles que tu m’as fourni pour que je reste debout. Ils n’étaient pas nombreux mais je remercie angoisse, colère, larme et rage de vivre…

« Passé« , j’ai cru que tu étais une partie de moi mais, en fait, tu n’es qu’une partie de ma vie.

« Passé« , on dit que tout ce qui ne tue pas rend plus fort mais en fait tu m’as appris que tout ce qui ne tue pas rend simplement plus vivant.

Tu m’as compris « passé » je t’aime autant que je te maudit.
Tu me renforces autant que tu m’affaiblis.

Cyril.

Quand j’étais gamin et qu’on me demandait :
« tu veux faire quoi plus tard de ta vie ? »

Je répondais invariablement : « plus tard, mon rêve le plus cher est de devenir « normal », comme les autres – ces autres toujours bien habillés bien coiffés avec un bon goûté à la récré et tout ce qui va avec ce « pack » -, et que les adultes arrêtent de m’appeller le « cas-social » ou le « sale gosse de foyer » quand je montrai un peu de l’agitation de ces gosses qui ont soif de vivre….

Ce que j’aimerais faire un voyage dans le temps et embrasser le front de ce gamin au cœur naïf mais vaillant, affaiblit mais tellement plus fort que ce qu’il croyait alors, que j’étais, lui expliquer que c’est le regard que les « GRANDS » portaient sur lui qui était anormal à l’époque, et rien d’autre, en fait !

Je ne désire plus être normal aujourd’hui mais je souhaite que les adultes cessent de vouloir « normaliser » tous les enfants qui leur paraisse différents, incompréhensibles, agités où instables – comme on dit de ces enfants au cœur sacrifié…

Merci à ceux qui m’ont tenu la main et merci aussi à ceux qui l’ont lâché, c’est mon esprit de revanche que vous aurez renforcé.

(Les vrais savent d’où vient la dernière phrase de ce post et comprendront probablement mieux que d’autres ce dont je parle.)

Cyril.

Ambition :

Quand j’étais gamin et qu’on me demandait :
« tu veux faire quoi plus tard de ta vie ? »

Je répondais invariablement : « plus tard, mon rêve le plus cher est de devenir « normal », comme les autres – ces autres toujours bien habillés bien coiffés avec un bon goûté à la récré et tout ce qui va avec ce « pack » -, et que les adultes arrêtent de m’appeller le « cas-social » ou le « sale gosse de foyer » quand je montrai un peu de l’agitation de ces gosses qui ont soif de vivre….

Ce que j’aimerais faire un voyage dans le temps et embrasser le front de ce gamin au cœur naïf mais vaillant, affaiblit mais tellement plus fort que ce qu’il croyait alors, que j’etais, lui expliquer que c’est le regard que les « GRANDS » portaient sur lui qui était anormal à l’époque, et rien d’autre, en fait !

Je ne désire plus être normal aujourd’hui mais je souhaite que les adultes cessent de vouloir « normaliser » tous les enfants qui leur paraisse différents, incompréhensibles, agités où instables – comme on dit de ces enfants au cœur scarifié…

Merci à ceux qui m’ont tenu la main et merci aussi à ceux qui l’ont lâché, c’est mon esprit de revanche que vous aurez renforcé.

(Les vrais savent d’où vient la dernière phrase de ce post et comprendront probablement mieux que d’autres ce dont je parle.)

Cyril.

Croyance :

Il n’est aucune honte à être incroyant ou athée mais si je ne suis pas religieux c’est parce que je suis éminemment plus croyant que ceux qui se couvrent de la couverture religieuse pour une appartenance identitaire, pour un éventuel « gain » avant ou après la mort, par superstition, par recherche de reconnaissance que peut procurer « l’habit du moine » au seins d’une communauté de superstitieux, par ambition politique ou pour endormir une conscience douloureuse.

Si je suis croyant c’est d’abord par amour, par émerveillement, par reconnaissance, par humilité devant l’immensité du cosmos et la perfection de « l’agencement cosmique ».

Je suis tellement croyant que je continu à chercher une (ma?..) vérité dans ma vie et dans les travaux de ceux qui comme moi ont passés leur vie à « chercher » par amour du savoir, de la connaissance et du chemin vers D…. (L’architecte ?..).

Cyril.

Je suis parfait :

Si je ne me connaissais que sur Facebook j’aurais l’impression de parler à un héro. Une personne parfaite « hors-sol ».

Mais chaque matin je me réveille dans ma peau avec le dos un peu plus douloureux au fur et à mesure que les années passent. Dans le miroir, quand je me brosse les dents, je ne vois qu’un connard de plus qui pense être le centre du monde où que le monde « l’attend » pour tourner.

Je vois de l’intérieur un homme avec un petit ventre qui pousse tellement sa vie est confortable mais qui passe quand-même son temps à se plaindre. Je vois un homme soucieux d’hier, inquiet de demain, mais peu capable d’apprécier pleinement le présent. Je vois un homme qui fait trop souvent le contraire de ce qu’il dit. Un homme pleins de passions, pleins de tensions et pleins de paradoxes à gérer et à apaiser.

Cyril.

Racisme :

Si on y regarde de plus près j’ai eu, au départ de ma vie, une vie assez similaire à beaucoup de jeunes dit « issus de l’immigration ».

En effet, j’ai grandi en foyer, d’abord en campagne ou le « cas social » est un pestiféré que personne n’approche, puis en ville, dans un foyer toujours, au milieu de ma ville et puis après renvoi au milieu d’un quartier dans une autre ville. Je suis devenu musulman très tôt et j’ai grandi avec une famille algéroise, réfugiée politique en France pendant la décennie noire algérienne, qui m’aceuillait comme un fils pendant mes incessantes fugues de foyer et ceci pendant plusieurs années.

Étant musulman, pauvre en argent, identitairement déboussolé, en échec scolaire total, et sans perspective sérieuse d’avenir, j’avais énormément de points communs avec les jeunes issus de l’immigration, avec qui je « trainais » d’ailleurs toujours, tellement je me sentais, avec la majorité d’entre eux, comme « en famille ».

Ayant fait cette constatation je peux dire que la seule différence entre nous était la couleur de notre peau.

Dès lors, ceux qui aujourd’hui me refuse le droit à la critique de MA vie en quartier et me refuse la critique du Quartier en invoquant, sur la base de ma couleur de peau uniquement, un racisme qui serait chez moi « latent », sont eux-mêmes racistes car ils me reprochent ce qu’ils ne reprocheraient pas à une personne biologiquement issue de l’immigration, avec une peau moins Blanche que la mienne.

Deuxième point, plus important encore, si j’ai éprouvé énormément de difficultés similaires aux jeunes « issus de l’immigration » c’est que la couleur ou même le nom à consonnance maghrébine ne suffisent pas à expliquer le racisme dont souffre effectivement ces gens.

Moi je m’appelle Cyril Chevrot, je suis blanc et pourtant j’ai vécu des discriminations similaires, pourquoi ? Parce-que ce qui est trop souvent prit pour du racisme, par les antiracistes eux-mêmes, est aussi et souvent une « racisme social » méconnu ou passé sous le tapis par les antiracistes eux-mêmes – oui la lutte des classes c’est plus très vendeur, et en plus quelle horreur sa rassemble des gens.

En effet, je suis blanc mais à l’époque ma manière de parler, mon langage corporel, ma tenue vestimentaire, mon lieu d’habitation, etc…, tout trahissait ma « provenance » sociale et j’ai payé cela par une forte discrimination. Je l’ai payé d’autant plus fortement que je ne comprenais pas à quoi elle était due.

D’ailleurs, encore aujourd’hui, quand on me prend la tête dans la vie réelle mais aussi sur les réseaux sociaux ou même dans mon entourage proche personne ne manque de me rappeler à mes origines sociales car la manière dont je m’énerve est fortement imbibée de ces origines sociales.

Un type, par exemple, m’a traité de « racaille », moi père de 4 enfants devenu aimant et responsable, au travail parce-qu’il m’a irrité et que ce bouseux a, j’imagine, « capté » ma provenance sociale dans mon langage non verbal.

Tout cela pour dire que le racisme n’explique pas toujours la totalité de la question du rejet social d’un groupe de personnes même s’il l’explique en partie et qu’on manque des angles de lutte très important dans ces aveuglements.

Et je me demande si ces aveuglements n’arrangent pas certains « antiracistes » ?

Cyril.

Un quartier populaire de gens élevés et correct, et puis l’arrivée petit à petit de gens qui crachent dans leur cage d’escalier, qui jettent les cheveux par la fenêtre, après une petite coupe, et qui salissent ainsi tout les étages jusque tout en bas. Des gens qu’ils faut régulièrement remettre à leur place parceque pensant qu’ils sont seuls dans l’immeuble ils dansent ou s’engueulent à deux heure du matin.

Des gamins livrés à eux-même qui s’insultent et se frappent à longueur de journée.

Et puis des gens qui en ont marre de tout cela parce qu’ils ne veulent pas se prendre la tête chaque soir avec des gens qui aiment cracher ou ils dorment. Des gens qui ne veulent pas que leurs enfants grandissent dans cette ambiance malsaine et impropre où on écoute du nique ta mère et du fils de pute à longueur de journée…..

Alors on s’en va payer plus cher pour ne pas vivre a côté de porc qui ne respect pas leur lieu de vie et on laisse ainsi des zones complètes à des gens qui vont détruire leur lieu de vie parce qu’ils ne respect pas leurs propre toit.

C’est triste mais après être revenu habité par choix (et par nostalgie de l’adolescence, un peu) en ville dans un quartier populaire c’est l’analyse que je fais, et je me vois contraint de partir pour la protection de mes enfants.

Et rien ne peut expliquer ou justifier de « chier » ou on dort et ou on mange. Rien si se n’est la fénéantise des parents a éduquer et a imposer à leurs enfants le respect d’eux même et de leur lieu de vie !

Cyril Chevrot, en 2013 quand j’ai décidé de quitter le quartier dans lequel j’étais venu par nostalgie de mon enfance.

Frères de citée :

Je me souviens quand un de mes frères de galère, à l’adolescence, est venu me proposer, comme s’il m’offrait un cadeau prestigieux, de me faire crédit de la moitié d’un savon de shit pour, selon lui, démarrer mon « business ».

Il était enthousiaste alors que je me suis mit en colère lui demandant si c’était de cette vie qu’il rêvait pour celui qu’il appel, moi, un ami ?
Il s’est énervé et n’a pas compris ma réaction.

C’est à ce moment que j’ai compris que s’opérait, en grandissant, entre mes amis et moi, une rupture qui allait devenir permanente.

Outre le fait que cela soit illégal, c’est surtout que mes « frères » avaient des ambitions pécuniaires assez marquées alors que l’argent était le cadet de mes soucis.

Leur ambition c’était la BMW alors que mon ambition c’était de créer ce que je n’avais pas encore goûté : un foyer agréable ou vivre avec des gens que j’aime.

J’avais des rêves simples me disait on a l’époque, avec le sourire en coin, en réalité ce sont les plus ambitieux que ceux qui étaient les miens.

Ils ont commencé le business et moi mon apprentissage employé de restaurant, c’est ici que nos chemins ont commencé prit des directions différentes.

Cyril.

Je suis un trop chiant :

J’ai un peu mauvais caractère c’est vrai, je m’énerve rapidement, parfois aussi, mais c’est parce-que j’ai l’impulsivité des gens qui jettent leur coeur dans chaque conviction.

Je suis parfois arrogant par feinte, pour me protéger de la médisance acerbe de l’Internet qui frapperai trop fort la sensibilité qui est la mienne.

Oui je suis un chercheur qui ne laisse aucun des intellects qu’il croise (ici ou dans la vie) se reposer et être dans une oisiveté sereine.

Oui, je suis le casse c….. qui ne mange pas de viande à qui il faut toujours faire de la verdure et qui a le mauvais goût de ne pas en avoir honte, en plus.

Oui, je passe du temps à la recherche d’éthique, d’amélioration, de compréhension et d’actions citoyennes.

Je suis moi et je ne sais pas faire (en ai-je envie ?) autrement, avec mes qualités et mes perfectibilités mais avec beaucoup de sincérité.

Mes excuses à ceux que j’ai blessé, que je blesse ou que je blesserai. Quand je le fais c’est par mégarde uniquement et par maladresse, parfois, mais jamais par malveillance.

Et merci à ceux qui échangent, qui comprennent, qui participent, qui enrichissent, de toute leur bienveillance, ces réflexions en commun.

Cyril.

Papa,

Même ce mot de « papa » est un calvaire à prononcer pour moi.

Je t’écris cette lettre afin que tu comprennes un peu mieux mon attitude envers toi.

Avant de te dresser une liste désagréable des choses que je te reproche je tenais à te dire que je n’ai pas oublié les cours moments de sourire ou de complicité que nous avons put, furtivement, avoir.

Cependant, maintenant que je suis apaisé, posé, et que j’ai du recul sur cette histoire commune et douloureuse qui est la nôtre, j’ai énormément d’incompréhensions à ton égard et quelques impatiences concernant ton comportement à mon égard et à l’égard de mes enfants.

Mais avant de parler du présent repartons un moment dans le passé. La première scène de violence gravée dans ma tête n’est pas à mon endroit mais plutôt une violence incontrôlée dirigée contre les meubles de notre maison et contre ta femme, ma mère, après une soirée trop arrosée dont tu venais de rentrer…

La seconde scène est, quant à elle, une scène de violence que je n’ai toujours pas comprise plus de 30 ans après. Elle est gravée dans ma mémoire, ce jour là j’ai eu peur que tu me tue. Pourquoi m’as tu fais traverser l’appartement à coup de pieds alors que j’étais allongé par terre, te suppliant d’arrêter ? Parce-que j’ai crié ma peur de rester seul le soir, la nuit, quand tu partais je ne sais où avec ta femme en me laissant seul à la maison. Etait-ce une raison suffisante de me battre ?

Après cette première scène de violence, la violence est devenue un quotidien et la peur dans mes entrailles une compagnonne de vie un peu trop envahissante. Je me rappel notamment de cette fois où tu m’as ouvert le crâne avec un fer à repasser, je n’ai pas eu mal car le crane n’est pas très sensible à la douleur, mais j’ai eu très peur….j’avais du sang jusqu’aux pieds…. Tu as eu peur toi aussi et tu as immédiatement regretté ton geste non par empathie envers moi mais par peur des conséquences, dommage… J’étais, malgré tout, presque content que tu m’ouvres la tête car après tu as passé la soirée à t’occuper de moi en me promettant un énorme jouet contre mon pardon, et surtout mon silence.

Ce moment est si intense en moi, j’ai de la tendresse pour l’enfant que j’étais mais j’ai aussi la rage contre le tortionnaire que tu étais et que, malgré tout, j’aimais plus que tout.

Et puis vint ma petite sœur, pascalyne. Tu râlais parce-que ce petit bébé pleurai beaucoup, t’empêchant de dormir, ce qui fût la cause de nombreuses et impressionnantes colères de ta part…. J’ai aussi le vague souvenir d’une fois où tu as joué avec moi à un circuit électrique que tu m’avais acheté mais ce souvenir est étouffé par les trop nombreuses fois où tu me laissais seul le soir, tout seul dans la maison et ou la peur venait me tenailler dès que la nuit tombait, que la solitude et l’obscurité venait m’infliger leurs morsures anxiogènes.

Et puis les souvenirs deviennent flous quelques flashs me rappelant tout de même les petits camarades dehors qui ne voulaient pas jouer avec moi, les fois où ma mère oubliait de venir me chercher à l’école, les fois où je n’avais pas de goûter et ou je regardais les autres enfants manger avec envie, etc…

Voilà le souvenir que j’ai du quotidien de l’époque jusqu’à mes 7 ans.

Et puis jour, et là mes souvenirs deviennent à nouveau plus précis, une dame que je ne connaissais pas est venue me chercher pour m’emmener dans ce qu’elle appelait ma nouvelle maison…. Cette maison c’était la maison d’enfants du Docteur Hivert à Lamure s/Azergues. Je me souviens de mon arrivée dans ce foyer. Je suis arrivé là, avec l’assistante sociale et ma valise, sur le pas d’une immense porte, ou l’on a présenté le « petit nouveau qui arrivait » à tous les autres enfants.

J’ai dû, ce jour-là, au prix d’un effort énorme, par fierté, par pudeur, par intuition peut-être, qu’il allait falloir être fort ici, retenir les larmes qui cherchaient à couler sur mes joues. Ces larmes signifiaient la peur, la tristesse et l’incompréhension de ce que j’étais en train de vivre.

Et puis 5 années plus heureuses sont passé dans cette maison d’enfants qui était à présent ma maison, je mangeais désormais à ma faim, je pouvais jouer avec des enfants qui ne refusaient pas, cette fois, ma compagnie.
Je ne subissait plus de coups lors de tes colères. Et même si il y a eu quelques coups dures en foyer comme ces profs et quelques éducateurs qui nous frappaient, voir quelques gamins du village qui refusaient de jouer avec nous, tout cela n’avait que peu d’importance si je pouvais rentrer chez nous le week-end..car oui, j’étais encore très attaché à toi PAPA, même après ce placement à la DDASS.

Même après tes mensonges me racontant que j’ai été placé parce-que tu étais en manque d’argent, je t’aimais encore comme un jeune fils admiratif aime son demi-dieu de père.

Et puis à 12 ans, devant mes demandes insistantes, et après le placement à la naissance de 4 petits frères et sœurs dont je ne sais presque rien, la juge des enfants consent à me laisser rentrer à la maison, dans votre maison qui n’est plus trop la mienne en réalité mais je vais le comprendre plus tard….

Quelques mauvais souvenirs quand même avant de rentrer définitivement chez vous. Comme cette fois où j’ai subit une opération dans une ville éloignée de la nôtre et ou vous n’êtes même pas venu me voir à l’hôpital, j’étais donc seul avec cette vielle amie : l’angoisse, la peur de ne pas être assez bien pour qu’on m’aime, moi.

Malgré tout pour moi c’est sûr tout va s’arranger, nous allons nous retrouver enfin en famille, comme des gens normaux et la vie va reprendre son cours normal.

En rentrant à la maison je me suis souvenu des choses horribles que l’assistante sociale m’a dit sur toi et ta femme, vous mes parents que j’aime ou que j’aimais, avant….

Et puis j’ai dû me rendre à l’évidence, le frigo était souvent vide malgré ton salaire important, la maison était sale, l’hygiène était approximative et la violence était toujours omniprésente. J’ai bien essayé de vous convaincre de changer de mode de vie, j’ai essayé de combler vos lacunes mais cela était mission impossible. J’étais trop jeune et trop ignorant malgré ma bonne volonté et vous étiez convaincu de votre supériorité absolue sur moi, de la supériorité de votre mode de vie sur mes conseils d’enfants.

Entre les meubles cassés, la crasse dans tout l’appartement et la violence physique et psychique la vie était de plus en plus insupportable pour moi. Comme cette fois où tu as mit ta femme nue sur le pallier de notre appartement HLM après l’avoir frappé parce qu’elle avait eu le malheur de mettre une jupe longue en ton absence, tes longues absences de routier….

Mon amour pour vous commençait à s’étioler, doucement mais inexorablement. Et une violence réactionnelle commencer à germer en moi.

J’étais en échec scolaire à cause de toutes ces choses dans ma tête depuis si longtemps. A cause de l’énergie intellectuelle que je brulais pour essayer de vous changer et de comprendre ce que j’avais fait pour mériter cette vie.

Et puis le fait que tu sois routier et que tu abandonnes ta famille au milieu d’un quartier ZEP. Comme un lâche tu as abandonné la vie de famille, comme un lâche tu as abandonné TA famille…au lieu de la protéger et de prendre soin d’elle. L’homme et le papa que je suis aujourd’hui ne peut pas comprendre cela.

Je te voyais frapper ta femme et tes enfants et faire la « serpillière » devant ton patron, devant mes éducateurs, devant tes amis…encore une preuve de ta lâcheté. Je commençais à avoir beaucoup de mal à t’aimer et à te pardonner mais encore plus à te respecter.

Tes crises de colères, ta violence, tes crises de jalousie maladive envers ta femme, la saleté de l’appartement, le manque d’hygiène, le frigo vide, toutes ces choses ont tendus nos relations jusqu’à ce jour où tu as osé mettre la tête de mon petit frère, ton fils Wesley, dans les toilettes parce qu’il avait eu le malheur de faire pipi au lit….

Ce jour là dans un réflexe protecteur, probablement dû à mon sentiment de responsabilité d’aîné de la famille envers ma fratrie, j’ai vu rouge et j’ai compris que parfois, seule la violence peut arrêter la violence et j’ai donc agit….et nous nous sommes battus. Tu as mit des coups et j’en ai mit aussi, en les retenant un peu, je crois, mais pas toi. Je suis parti pour ne pas être tuer ou tuer.

Le soir je suis rentrée et tu n’as pas ouvert la porte de ma maison…. J’ai vu un sac poubelle avec quelques vêtements à moi. J’ai hurler en frappant la porte que j’allais te tuer ! Tu as eu peur, tu m’a laisser mes affaires sur le pallier, dans un sac poubelle et tu as appelé la police qui m’a menotté devant tout le monde au quartier pour m’empêcher de casser la porte et de t’étriper, de te faire payer par la violence ces années de malheur que tu nous as fait vivre, mon enfance que tu as foulé au pied sans un seul égard, sans même t’en rendre compte, je pense.

La police m’a relâché et j’ai du vivre à la rue.. Tu as dû penser que j’allais revenir en rampant comme le faisait régulièrement ta femme. Mais non, pas moi ! J’allais te prouver avec toute ma colère, ma rage et ma détermination que je n’ai pas besoin de toi et je me suis relevé seul, ou presque.

Ma femme, la sale portugaise que tu détestais, m’a aidé à me relevé. J’ai beaucoup pleuré à cette époque, je me suis demandé comment un père pouvait faire cela à son enfant, comment pouvait-on être aussi lâche et inhumain. J’ai pleuré et puis les larmes ont séché et la colère à remplacer la tristesse puis la tristesse à céder à son tour sa place pour accueillir l’indifférence que procure je desamour. J’ai lutté pour aimer, vous jamais. J’ai lutté pour ne pas vous haïr, j’ai fini par avoir une insensibilité à votre égard.

Plus de 10 ans ont passé sans que nous ayons un seul contact.
Quand soudain, tu as demandé à voir mes enfants. J’ai accepté mais à contre cœur, pour eux, pour ma femme….

Et aujourd’hui ce qui me fait le plus mal c’est que tu fais, devant les gens, le père et le grand-père modèle que tu n’as jamais été. Tu ne connais pas tes petits enfants, pire tu parais incapable de t’intéresser à eux ou de les aimer.

Pour toutes ces raisons j’ai énormément de mal à supporter, en plus du fait que tu mentes sur notre passé, que tu me demande de mentir sur mon passé et mes blessures.

C’est facile pour toi car le tortionnaire méprise facilement un passé incommodant alors que la victime, elle, n’a que le passé comme excuse, comme source, comme provenance, comme explication à ses blessures et à ce qu’il est et a ce qu’il ne peut plus être, aussi…

Tu as gâché mon potentiel et tu as laissé beaucoup de trace de scarifications sur ma peau et sur mon cœur.

Tout cela pour dire que pour oublier le passé et te pardonner j’ai besoin que tu changes et que tu agisses, comme moi, en raison du passé pour un futur meilleur et non en niant le passé pour un futur aussi médiocre que le passé et le présent actuel.

Malheureusement j’ai bien peur que le déni, qui te protège de ta propre souffrance, l’égoïsme et la lâcheté qui te caractérise ne t’empêche a jamais de comprendre cette lettre.

Tu ne recevra jamais l’amour que reçoit un père et un grand-père car tu ne sais pas aimer comme un père ou un grand-père et c’est là que, toi aussi, tu as beaucoup perdu !

Bien à toi.

Cyril