Rationnalisme, Sciences sociales, Société

Le racisme racial n’est-il pas, souvent, un racisme social ?

Si on y regarde de plus près j’ai eu, au départ de ma vie, une vie assez similaire à beaucoup de jeunes dit « issus de l’immigration« .

En effet, j’ai grandi en foyer, d’abord en campagne ou le « cas social » est un pestiféré que personne n’approche, puis en ville, dans un foyer toujours, au milieu de ma ville et puis après renvoi au milieu d’un quartier dans une autre ville. Je suis devenu musulman très tôt et j’ai grandi avec une famille algéroise, réfugiée politique en France pendant la décenie noire algérienne, qui m’aceuillait comme un fils pendant mes incessantes fugues de foyer et ceci pendant plusieurs années.

Étant musulman, pauvre en argent, identitairement déboussolé, en échec scolaire total, et sans perspective sérieuse d’avenir, j’avais énormément de points communs avec les jeunes issus de l’immigration, avec qui je « trainais » d’ailleurs toujours, tellement je me sentais, avec la majorité d’entre eux, comme « en famille« .

Ayant fait cette constatation je peux dire que la seule différence entre nous était la couleur de notre peau.

Dès lors, ceux qui aujourd’hui me refuse le droit à la critique de MA vie en quartier et me refuse la critique du Quartier en invoquant, sur la base de ma couleur de peau uniquement, un racisme qui serait chez moi « latent« , sont eux-mêmes racistes car ils me reprochent ce qu’ils ne reprocheraient pas à une personne biologiquement issue de l’immigration, avec une peau moins Blanche que la mienne.

Deuxième point, plus important encore, si j’ai éprouvé énormément de difficultés similaires aux jeunes « issus de l’immigration » c’est que la couleur ou même le nom à consonnance maghrébine ne suffisent pas à expliquer le racisme dont souffre effectivement ces gens.

Moi je m’appelle Cyril Chevrot, je suis blanc et pourtant j’ai vécu des discriminations similaires, pourquoi ?

Parce-que ce qui est trop souvent prit pour du racisme, par les antiracistes eux-mêmes, est aussi et souvent une « racisme social » méconnu ou passé sous le tapis par les antiracistes eux-mêmes – oui la lutte des classes c’est plus très vendeur, et en plus quelle horreur sa rassemble des gens.

En effet, je suis blanc mais à l’époque ma manière de parler, mon langage corporel, ma tenue vestimentaire, mon lieu d’habitation, etc…, tout trahissait ma « provenance » sociale et j’ai payé cela par une forte discrimination. Je l’ai payé d’autant plus fortement que je ne comprenais pas à quoi elle était due.

D’ailleurs, encore aujourd’hui, quand on me prend la tête dans la vie réelle mais aussi sur les réseaux sociaux ou même dans mon entourage proche personne ne manque de me rappeler à mes origines sociales car la manière dont je m’énerve est fortement imbibée de ces origines sociales.

Un type, par exemple, m’a traité de « racaille« , moi père de 4 enfants devenu aimant et responsable, au travail parce-qu’il m’a irrité et que ce type de la campagne a, j’imagine, « capté » ma provenance sociale dans mon langage non verbal.

Tout cela pour dire que le racisme n’explique pas toujours la totalité de la question du rejet social d’un groupe de personnes même s’il l’explique en partie et qu’on manque des angles de lutte très important dans ces aveuglements.

Et je me demande si ces aveuglements n’arrangent pas certains « antiracistes » ?

Cyril.

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