« La ferveur des croyants, ô Dieu ! et la religion sont identifiés à d’absurdes ésotérismes ; c’est à l’intensité de leur mépris de la raison, de leur éloignement de l’intelligence, dont ils disent la nature corrompue, que l’on distingue les hommes éclairés de la lumière divine.

Or, s’ils avaient seulement recueilli une étincelle de cette lumière, ils ne         seraient  pas si orgueilleux de leur démence, mais ils apprendraient à honorer Dieu avec plus de sagesse ; ils l’emporteraient sur leur prochain, non comme il le font à présent par la haine, mais par l’amour.

Ils ne poursuivraient pas d’une telle hostilité ceux qui ne pensent pas comme eux, mais ils auraient pitié d’eux !

Si, du moins, c’est bien du salut d’autrui qu’ils s’inquiètent et non de leur propre sort temporel ! En outre, s’ils jouissaient de quelque lumière divine, on s’en apercevrait sans doute à leur enseignement. »

Traité des autorités théologique et politique, Spinoza.
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« Plus leur admiration des mystères sacrés est empressée, plus ils fournissent de preuves que l’aveugle servilité l’emporte chez eux sur la foi à l’Écriture.

Si l’on veut s’en convaincre, il n’est que d’observer comment la plupart, en vue de comprendre l’Écriture et d’en dégager le vrai sens, posent pour commencer la divine vérité de son texte intégral. ( Alors que cette conclusion devrait découler d’un examen sévère de son contenu.)

Mais eux donnent d’avance, comme règle d’interprétation, ce qu’une lecture de page ou toute suggestion humaine est déplacée nous ferait bien mieux saisir.

Telles sont donc les pensées auxquelles je suis peu à peu parvenu.

Non seulement la lumière naturelle est méprisée, mais elle est condamnée souvent comme une source d’irréligion ; des inventions humaines se font passer pour des enseignements divins ; la crédibilité est prise pour ma foi ; des controverses philosophiques soulèvent jusque dans l’Église et les Pouvoirs publics les passions les plus vives ; il en résulte des haines et discordes, qui passe bientôt sur le plan de véritables séditions. »

Traité des autorités théologique et politique, Spinoza.

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« J’ai constaté que tous les enseignements communiqués par les prophètes sont extrêmement simples, de sorte qu’ils peuvent être saisi sans difficulté par n’importe qui ; ils ont seulement été présentés dans un style poétique et appuyés sur les raisons les plus succeptibles de provoquer la vénération de la masse envers Dieu.

Ma conviction profonde est donc que l’Écriture laisse à la raison toute sa liberté et qu’elle n’a rien de commun avec la philosophie ; mais l’une comme l’autre se tiennent chacune sur son terrain. »

Traité des autorités théologique et politique, Spinoza.

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A ceux qui ne sont pas philosophes, je ne recommande point mon traité, car je n’ai aucune raison d’escompter qu’il puisse leur plaire.

Je sais, en effet, combien sont enracinés les préjugés, auxquels tant d’hommes s’adonnent sous couleur de religion. Et je sais qu’il n’est pas plus possible de délivrer la foule de la superstition, que de la crainte.

L’entêtement lui tient lieu de constance et, loin de se laisser gouverner par la raison, elle s’adonne à des élans impulsifs pour décerner ou louanges, ou blâme.

Traité des autorités théologique et politique, Spinoza.
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« Il est évident que les lois concernant les opinions menacent non les criminels, mais les hommes de caractère indépendant, qu’elles sont faites moins pour contenir les méchants que pour irriter les plus honnêtes, et qu’elles ne peuvent être maintenues en conséquence sans grand danger pour l’État. (…)

Il n’y a rien de plus sûr pour l’État que de renfermer la religion et la piété tout entière dans l’exercice de la charité et de l’équité, de restreindre l’autorité du souverain, aussi bien en ce qui concerne les choses sacrées que les choses profanes, aux actes seuls, et de permettre, du reste, à chacun de penser librement et d’exprimer librement sa pensée. »

Traité des autorités théologique et politique, Spinoza.
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« Si les hommes pouvaient régler toutes leurs affaires suivant un dessein arrêté ou encore si la fortune leur était toujours favorable, ils ne seraient jamais prisonniers de la superstition.

Mais souvent réduit à une extrémité telle qu’ils ne savent plus que résoudre, et condamnés, par leurs désirs sans mesure des biens incertains de fortune, à flotter presque sans répit entre l’espérance et la crainte, ils ont très naturellement l’âme encline à la plus extrême crédulité ; est elle dans le doute, la plus légère impulsion la fait pencher dans un sens ou dans l’autre, et sa mobilité s’accroît encore plus quand elle est suspendue entre la crainte et l’espoir, tandis qu’à ses moments d’assurance elle se remplit de jactance (1) et s’enfle d’orgueil. »

(1) = Attitude arrogante d’une personne imbue d’elle-même, qui cherche à se faire valoir par un ton et des propos suffisants.

Traité des autorités théologique et politique de Spinoza.
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« Les hommes superstitieux qui aiment mieux tonner contre les vices qu’enseigner les vertus, et qui, s’efforçant de conduire les hommes non par la raison, mais par la crainte, les portent a éviter le mal plutôt qu’à aimer le bien, n’aboutissent à rien autre chose qu’à rendre les autres aussi misérables qu’eux-mêmes ; et c’est pourquoi il n’est point surprenant qu’ils se rendent presque toujours odieux et insupportables aux hommes. »

Traité des autorités théologique et politique, préface, Spinoza.

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« Personne n’a vécu parmi les hommes sans avoir observé qu’aux jours de prospérité presque tous, si grande que soit leur inexpérience, sont plein de sagesse, à ce point qu’on leur fait injure en se permettant de leur donner un conseil ; que dans l’adversité, par contre, ils ne savent plus où se tourner, demande en suppliant conseil à tous et sont prêts à suivre tout avis qu’on leur donnera, quelque inepte, absurde ou inefficace qu’il puisse être.

On remarque en outre que les plus légers motifs leurs suffisent pour espérer un retour de fortune, ou retomber dans les pires craintes.

Si en effet, pendant qu’ils sont dans l’état de crainte, il se produit un incident qui leur rappel un bien ou un mal passés, ils pensent que c’est l’annonce d’une issue heureuse ou malheureuse pour cette raison, bien que cent fois trompés, l’appellent un présage favorable ou funeste. Qu’il leur arrive maintenant de voir avec grande surprise quelque chose d’insolite, ils croient que c’est un prodige manifestant la colère des Dieux ou de la suprême divinité ; dès lors ne pas conjurer ce prodige par des sacrifices et des vœux devient une impiété à leur yeux d’hommes sujets à la superstition et contraire à la religion.

De la sorte ils forges d’innombrables fictions et, quand ils interprètent la Nature, y découvre partout le miracle comme si elle délirait avec eux.

En de telles conditions nous voyons que les plus abonnés à tout genre de superstitions ne peuvent manquer d’être ceux qui désirent sans mesure des biens incertains ; tous, alors surtout qu’ils courent des dangers et ne savent trouver aucun recours en eux-mêmes implorent le secours du Divin par des vœux et des larmes, déclarent la Raison aveugle et traitent la sagesse humaine de vanité ; au contraire les délires de l’imagination, les songes et les puérils inepties leur semble être des réponses divines ; bien mieux, Dieu a les sages en aversion ; ce n’est pas dans l’âme, c’est dans les entrailles des animaux que sont ses décrets, ou encore ce sont les insensés, les déments, les oiseaux qui, par un instinct, un souffle Divin, les font connaître.

Voilà à quel point de déraison la crainte porte les hommes. »

Préface du Traité des autorités théologique et politique  de Spinoza.

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« Les prophètes ont été doués non d’une pensée plus parfaite, mais du pouvoir d’imaginer avec plus de vivacité, et les récits de l’Écriture (la Bible) le prouvent abondamment.

Il est établi que Salomon, par exemple, bien qu’il l’emportât sur les autres hommes en sagesse, n’eut pas le don prophétique. De même, ces hommes très avisés, Heman, Dorda, Calchol, n’ont pas été des Prophètes et, au contraire, des hommes incultes, étrangers à toute discipline, voire de simple femme comme Agar, la servante d’Abraham, eurent le don prophétique.

Cela s’accorde d’ailleurs, avec l’expérience et la raison : où domine le plus l’imagination il y a le moins d’aptitude à connaître les choses par l’entendement pur, et, au contraire, ceux qui sont supérieurs par l’entendement, et le cultive le plus, ont un pouvoir d’imaginer plus tempéré, plus contenu et comme refréné, pour qu’il ne se mêle pas à l’entendement.

Chercher la sagesse et la connaissance des choses naturelles et spirituelles dans les livres des Prophètes, c’est donc s’écarter entièrement de la voie droite ; suivant que le demandent l’époque, la Philosophie et mon sujet, j’ai décidé de montrer cela amplement, sans me soucier des cris que poussera la superstition : ne hait elle point par dessus tout ceux qui honorent la vraie science et la vie vraie ?

Les choses en sont venues hélas à tel point que les hommes faisant ouvertement profession de n’avoir aucune idée de Dieu et de ne le connaître que par des choses créées (dont ils ignorent les causes) ne rougissent pas d’accuser les Philosophes d’athéisme. »

Chap. 2 : Des Prophètes, le Spinoza.
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« Plus bas leur admiration les (les professeurs de religion) incline devant ses mystères (la Bible), plus ils montrent qu’en eux la soumission à l’Écriture l’emporte sur la foi, et cela se voit encore à ce que la plupart posent en principe ( pour l’entendre clairement et en deviner le vrai sens ) que l’Écriture est partout vraie et Divine, alors que cela devrait être la conclusion d’un examen sévère ne laissant subsister en elle aucune obscurité ; ce que son étude directe nous démontrerait bien mieux, sans le secours d’aucune fiction humaine, ils le posent d’abord comme règle d’interprétation.

Telles étaient donc les pensées qui occupaient mon esprit : non seulement je voyais la lumière naturelle méprisée, mais beaucoup la condamne comme une source d’impiété ; des interventions humaines, devenues des enseignements divins ; la crédulité prise pour la foi. »

Préface du Traité des autorités théologique et politique, de Spinoza.
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Un autre auteur que j’aime beaucoup et qui a écrit sur Spinoza. Il s’agit de Irvin Yalom. Le livre qu’il a consacré à Spinoza s’appel :  » Le problème Spinoza« .

Présentation ici, en vidéo :

Extrait du livre : ici et ici, etc…

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Télécharger gratuitement le livre : « l’Ethique » de Spinoza : ici

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