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Après de longs tâtonnements au sein de la confrérie, je tournais les talons et quittai brusquement l’univers de Hassan el-Banna.

Une fuite impromptue, étrange, soudaine, qui laissa pentois mes proches. Que s’est-il passé ? Me savais je capable d’une forfaiture que je ne pouvais assumer ? Avais-je abjuré ma foi ? Un comportement aussi étrange, que rien ne semblait dicter, du moins en apparence, nécessite une explication. La voici.

Depuis un en environ, désemparé, exténué, je menais une guerre secrète, implacable, violente, non pas contre la France, que j’ai outrageusement abominée, mais contre un ennemi invisible dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Dès lors, comment le combattre ? Tapi dans les profondeurs de ma conscience, cet ennemi intime, c’était ma francité, dimension fondamentale, que j’avais cru pouvoir étouffer sous des monceaux de versets coraniques, de hadiths, de sciences religieuses. Peine perdue ! Humiliée, enragée, elle parvint à se frayer un chemin à travers les méandres de mon inconscient, son geôlier.

Une fois libéré, elle asséna, avec l’énergie du désespoir d’un reclus injustement enchaîné, des coups de boutoir à cet édifice intellectuel qui la fit tant gémir et sur lequel reposait ma pensée politico-religieuse.

Quelques mois suffirent pour que la structure s’écroulât. C’en était fait de l’activiste musulman.

Nu, apeuré, en quette de repère, j’ai du apprendre à transiger, à nuancer. C’était là l’unique moyen d’élever sur les ruines de mon islamisté politique une représentation de la France plus conforme à la réalité. Réalité que mes préventions ont déformée au point de tendre cette nation odieuse à mes yeux !

La tâche était colossale et le maître d’ouvrage bien fatigué. Mais, vaille que vaille, il me fallait avancer sur ce chemin abrupte, sinueux, semé d’embûches, avec une idée fixe : ne plus me laisser éclairer par la lumière d’autrui, porteuse parfois d’opaques ténèbres.

Arriver à destination, c’est a dire au pays de l’identité heureuse, je pouvais regarder la France dans les yeux et, chose inimaginable, l’aimer. De toute évidence, ma francité avait fleuri. Enfin.

C’est dans ce singulier contexte où s’entrechoquent identité, arabité, islamité, intégration, préjugés, que mon livre allait voir le jour. Il serait ma renaissance.

Malik Bezouh, France-islam le choc des préjugés.

Je vous résume le livre ici :