Géopolitique, Histoire, Poème, Société

« Le silence même n’est plus à toi » de Asli Erdogan.

« Même le silence n’est plus à toi,
En ce lieu où les meules ont cessé de tourner.

Sobrement, personnellement, simplement : je ne veux pas être complice de ces rafales de balles qui s’abattent sur des femmes, des enfants, des vieillards, essayant de s’extirper des décombres, cramponnés à un drapeau blanc.

Je ne veux pas être complice de cette mâchoire entièrement brûlée qui appartient à un enfant de douze ans retrouvé dans une cave. Ni de ce sac de gravats qu’on dépose en disant « voici ton père », qu’on dépose en disant  » voici ton enfant », « environ cinq kilos d’os et de chair »..

Ni du sort atroce qu’on fait subir à cette mère qui attend depuis des semaines devant un hôpital en se reportant « un bout d’os calmerait ma peine »…

Je ne veux pas être complice de l’assassinat des hommes, ni de celui des mots, c’est à dire de la vérité. »

Asli Erdogan, « même le silence n’est plus à toi ». Elle parle de la tentative de coup d’État en Turquie a eu lieu dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 principalement à Ankara et Istanbul et des combats qui ont suivi.

 

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  • « Vous à l’extérieur et nous à l’intérieur, continuons à lutter ! Il semble que cela doive durer, mais nous avanceront pierre par pierre. Un jour viendra où pour nous, pour les forces du travail et de la démocratie et tous les peuples, la paix, l’égalité et la liberté cesserons d’être une revendication pour devenir notre vérité. À l’extérieur comme à l’intérieur, nous ne sommes pas seuls.

Avec toute ma solidarité et mon amour… »

 

  • « Comme nous étions nombreux vendredi à Çaglayan ! Nous n’étions pas tant seuls que nous le pensions, pas tant qu’on le disait !

Les danses, les tambours, les chants, et même un « Bella Ciao » qui après nous              avoir d’abord déconcertés, sans trop affecter les plus jeunes, a été repris en                  chœur….

Nous devons poursuivre les Veilles pour la liberté : cette année écoulée, pas                  moins de huit correspondants et douze journalistes de l’agence DIHA ont été                arrêtés, quatre journalistes ont été assassinés, des centaines d’enquêtes et de                procès ont été ouverts.

        Nous sommes – la Turquie – tombés au 151 ème rang de 180 pays sur la liste de            la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières, nous sommes dans            un situation encore plus grave que beaucoup de pays d’Asie ou d’Afrique.

Défendre la liberté et la paix, non le crime ni l’héroïsme, est notre devoir….

Plus que les défendre, restaurer la signification sacrée que ces mots ont                          perdue…    Autant que nous pouvons…

Quant à ne pas être complice de ces meurtres, plus qu’un droit et qu’un devoir,           c’est le sens même de notre existence…

Ceci est la « pierre » que nous soulevons et aimons autant que nous pouvons,                   notre destin.

 

Asli Erdogan ,« le silence même n’est plus a toi ».

 

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Parce qu’ils voulaient la paix, parce qu’ils ont déclaré ne pas vouloir être complice des crimes qu’elle commet, la Turquie de 2010 a jeté en prison quatre universitaires, sur « ordre venu d’en haut » !

Pour trouver semblable faits dans la longue histoire de l’oppression, il faut remonter à la période nazie, à la Pologne occupée !

Je voudrais maintenant saluer Esra, Muzaffer, Kivanç et Meral de cette phrase : La liberté est un mot qui refuse de se taire.

Asli Erdogan, « Le silence même n’est plus à toi »

 

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Le « passé » qu’à mains nues tu as arraché aux ténèbres des roches et des profondeurs, mais sans pouvoir l’amener à la surface, et qui s’écoule hors de tes doigts gelés, ton seul passé, une boue muette et glacée….

Mais juste là, comme une année de baïonnettes scintilleraient au soleil de l’autre côté du fleuve, le « futur », prêt à fondre sur la rive opposée….

Et les secondes, les jours, aujourd’hui, qui s’écoulent hors de lui, comme ruisselant par une brèche qui n’aurait pas été comblée….

La vie, qui ressemble à une plaie dont la douleur éclate quand elle se referme, ou peut-être la pure et simple absence de cette vie dont la présence ne se manifeste que dans la douleur….

Asli Erdogan, « Le silence même n’est plus à toi ».

 

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