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« Si, de confession juive, j’ai choisi d’opter pour une pratique orthodoxe de ma foi, respectant à la lettre les prescriptions concernant le sabbat, je ne pourrai reprocher à un restaurateur de ne pas m’embaucher alors même qu’il réalise le plus gros de son chiffre d’affaire le jour durant lequel mon choix de religiosité m’interdit de travailler.

Mes opportunités, ici économiques, sont donc réduites par mon choix de religiosité.

Il n’y a pas d’inégalité quand le non-accès à une ressource ou à une opportunité découle de l’adhésion à une pratique orthodoxe, adhésion qui reste volontaire, sauf à faire de ladite religion une ethnie ou à en faire une obligation.

On ne peut pas hurler à l’injustice ou à la discrimination quand le degré d’orthodoxie pour lequel on a opté réduit le champ des opportunités.

[…]

C’est au pratiquant d’assumer les conséquences de son choix.

Les indigénistes et les islamistes œuvrent à essentialiser, ethniciser ce choix (le foulard) pour en faire une essence et donc un non-choix, ce qui permet de réclamer des ajustements de la loi. Non. Le choix de l’orthodoxie n’oblige pas la société à s’adapter à tout. Ou s’agira t’il d’un rapport de force, d’un bras de fer à remporter ? Qui viserai à faire reconnaître par les États libéraux que la religion musulmane est « à part », que ses pratiquants doivent bénéficier d’exceptions parce que leur identité réside uniquement dans leur religiosité ? Et par là obtenir que s’installe dans ces États un régime de personnalité de loi, qui permettra aux leaders de s’emparer des attributs de l’État, comme la justice par exemple.

La mère voilée ne devrait donc pas être privée de l’opportunité de participer à une sortie scolaire ? Si. Nous avons les outils juridiques pour le faire et la légitimité de la faire, parce qu’elle a fait le choix du voilement orthodoxe.

Si c’est un choix, et la religion et le degré d’orthodoxie sont un choix, celui-ci la lie elle, pas l’État. Si ce n’est pas un choix, les implications ne lient pas plus l’État mais interrogent quand à cette religion et à la nature du voilement. »

Fatiha Boudjahlat, « Combattre le voilement ».

 

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