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« La juriste Muriel-Magnan explique dans une interview que : « le consentement est aujourd’hui considéré comme le signe le plus certain de la liberté, alors qu’il est en réalité souvent invoqué pour que les personnes acceptent de renoncer à des droits et des libertés et consentent à ce mettre à la disposition d’autrui ».

Ce n’est pas le consentement qu’il faut remettre en cause et contester, ce sont les conditions et mécanismes de son obtention.

Derrière le « mon corps, mon choix, mon droit« , droit d’en faire ce que je veux, de louer son utérus, bientôt de vendre ses organes, droit de faire jouir autrui contre argent, etc. il y a un système de subordination économique ou de valeurs qui me dicte mes actes. J’adhère à ce système par l’éducation, l’habitude ou par mon libre arbitre.

Muriel Fabre-Magnan écrit : Contradiction et piège suprême : le retournement s’opère souvent au nom de la liberté. Les « adultes consentants » étant censés savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour eux, toute intrusion dans leurs choix serait le signe d’un paternalisme dépassé. La liberté trouverait alors sa démonstration la plus éclatante dans le droit de faire des choix de vie les plus particuliers, et notamment ceux réprouvés par le sens commun. À la limite même, la liberté se donnerait plus a voir dans le choix assumé de revendiquer sa perte.

Tout se trouve alors potentiellement retourné : la liberté n’est plus un espace infranchissable protégé de l’empiétement d’autrui, mais le droit de consentir à cet empiétement ; elle n’est plus la faculté de dominer ses passions, mais le droit d’y céder ; elle n’est plus un instrument de résistance à l’impression, mais l’outil même de sa servitude volontaire ».

Il faut prendre acte du consentement revendiqué des femmes, parce qu’il est réel, pour ne pas faire des femmes des victimes qui sont contraintes de manière coercitive, ce que le plus souvent elles ne sont pas, mais ne pas en faire la condition sine qua non, l’alpha et l’oméga de la liberté, du laisser-faire. Cela permet de débusquer le système derrière l’acte, de réinstaurer la femme comme actrice et agent mais aussi de rappeler qu’il y a une responsabilité collective et sociale qui ne s’efface pas devant une revendication, fût-elle celle d’user de son corps comme bon nous semble.

C’est bien l’exercice d’un droit sans entrave aucune, avec le consentement de la personne comme seul libre arbitre, dont la religion et l’ultralibéralisme usent pour réaliser leurs agendas respectifs. Et même si ceux-ci se révèlent contraire à mes intérêts de femme, de personne, de citoyenne.

C’est la force de la religion, qui est le seul dispositif qui permet cette servitude volontaire, dont Vauvenargues écrit qu’ « elle avilit l’homme au point de s’en faire aimer ». »

Fatiha Boudjahlat, « Combattre le voilement ».

 

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