Féminisme intellectuel, Islam, Société

« Par les liens forcés du mariage » de Fatiha Saidi. Un témoignage poignant !

Bonjour,

Je vous parle aujourd’hui d’un livre poignant qui relate la vie d’une jeune maghrébine ayant immigrée en Belgique avec ses parents et qui a été soumise à l’enfer du mariage forcé.

Le témoignage dans ce livre est en même temps poignant, terrifiant, révoltant et hallucinant dans nos contrées.

Il faut vraiment que nos gouvernants s’intéressent au sort des enfants dans ces familles. Faire des lieux d’accueil, de la prévention pour les jeunes filles (et hommes) coincées dans ce genre d’étau qu’est le mariage forcé.

Le dernier livre qui m’a angoissé à ce point c’est « 1984 » de Georges Orwell, c’est dire le niveau de contrôle qui s’exerce sur ces jeunes femmes par les familles et la micro-société.

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Voici la présentation vidéo suivie de quelques extraits du livre :

Voici quelques extraits : 

Mes parents vivent dans la crainte de voir leurs enfants s’aventurer « trop loin », oublier leurs origines et leur condition. Mais cette angoisse parentale va-t-elle nous nous accompagner notre vie durant ? Ce pays dans lequel nous vivons n’est pas le nôtre, certes, mais quel est le miens ? Les souvenirs de l’Algérie natale dans laquelle nous ne nous rendons plus depuis l’expulsion de mes grands-parents en décembre 1975 se sont effacés. Quelles sont mes références ? Quels sont mes repères ? Combien de questions allons-nous encore nous poser pour savoir si nous allons vivre dans ce « pays d’accueil » ? Et, si nous y demeurons, pour combien de temps ? Restera-t-il uniquement celui de notre « accueil » alors que nous y avons passé une grande partie de notre vie et que mes frères y sont nés ? Je n’en peux plus de ces incessantes questions qui planent au quotidien, qui nous reviennent en tant qu’enfant sous forme d’injonctions formulées ou induites dont nous ne comprenons pas le sens. À mes yeux le plus important, c’est de vivre harmonieusement dans le lieu où l’on se trouve. Lieu choisi ou imposé, aucune importance. Alors je fais contre mauvaise fortune bon cœur et j’adopte le lycée comme mon espace de liberté, puisque je n’arrive pas à m’expliquer cet enfermement ( dans le rôle de futur mère au foyer qui ne sort pas de sa maison ) et cette obligation de me mouvoir dans un cadre aussi étriqué. Nous ne pouvons prétendre à aucune activité, et sans autre possibilité de loisirs, je continue à étudier et à me nourrir de littérature. Des germes de résistance commencent à naître en moi par la perception des inégalités qui me touchent et donc, par ricochet, d’autres femmes aussi. Plier sous des jougs qui nous font courber l’échine, bafouer nos droits et nous assigner à invisibilité et au silence sont des réalités intolérables qui m’ulcèrent. Nos propres maisons deviennent deviennent des lieux d’enfermement dans lesquels on nous séquestre. Il faut ouvrir les portes, laisser entrer la lumière de la liberté et de l’égalité, mais il faut d’abord trouver les clefs pour le faire. J’ai envie de le hurler haut et fort. Je voudrais connaître les critères sur le lesquels est basé le traitement dont nous bénéficions, porteur de tant de discriminations que sont ventre en touche le sol. Un iceberg de questions est là devant moi, mais je suis loin de me douter qu’il n’en est que la pointe.

Fatiha Saidi,  » Par les liens forcés du mariage ».

 

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  • La longue décennie passée en Belgique n’a pas eu de prise sur les traditions et les rites que mes parents n’arrivent pas à abandonner. Bien au contraire, ils s’y cramponnent comme le naufragé qui refuse de lâcher la planche de son radeau, car elle est son ultime salut. Leur devoir en tant que parents est de garder vivaces leurs coutumes, de leur rester loyaux afin de ne pas devenir des renégats. Ils ont arrêté le temps depuis le jour de leur immigration et me déposent, comme une offrande, sur l’autel de la loyauté à la terre qu’ils ont quittée il y a bien longtemps.

Fatiha Saidi, « Par les liens forcés du mariage ».

 

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  • Un couple complice, uni par des passions communes, échangeant leur point de vue autour de littérature, de cinéma, voyages, découvertes du monde, ça doit exister, non? À moins que mes frustrations ne me fassent dessiner des images d’Épinal ? Je ne sais pas, à vrai dire. Mais une chose est certaine, ce rêve me renvoie aussi à l’étroitesse de notre couple dans lequel, après tant d’années, je n’arrive toujours pas à trouver la complicité, la tendresse et l’amour « qui vient après », à en croire les voisines et les autres femmes qui m’en berçaient pour me mettre sur les rails d’un mariage non consenti. Heureusement dans ce désert affectif, il y a mes petites princesses qui me font chavirer le cœur d’amour maternel.

« Par les liens Forcés du mariage » de Fatiha Saidi.

  • L’empathie ne veut pas dire la sympathie. Je suis là pour t’aider, certes, mais si c’est pour me lamenter et pleurer avec toi, cela ne te mènera nul part. Juste à un cul-de-sac, une impasse où tu seras enfermée à jamais.

Fatiha Saidi, « Par les liens forcés du mariage ».

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  • L’histoire de maman nous ressassant que le comportement des enfants à l’égard de leurs parents peut être gratifié par la bénédiction ou puni par la malédiction me revient. Une thèse qui vient se rajouter à la foultitude de légendes populaires dans laquelle nous avons baigné et dont on a bourré nos crânes d’enfants pour les mouler aux nombreuses attentes des adultes, afin que nous devenions obéissant sans rien remettre en question. Tu obéis, tu seras béni de Dieu ; tu désobéis, tu ne deviendras qu’un vulgaire maudit de Dieu, ou des dieux. Pas compliqué à comprendre !

Fatiha Saidi, « Par les liens forcés du mariage ».

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Voici la vidéo de présentation : 

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Cyril Chevrot.

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