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Peut-être en raison de la critique d’Edward Saïd a faite de l’orientalisme, nous en sommes malheureusement venus à abandonner l’islamologie classique, qui était fortement marquée par la recherche historique, au profit des seules sciences politiques et de la sociologie, y compris dans les milieux universitaires.

En France, nous n’avons presque plus de grands arabisants, et nous souffrons d’un déficit d’histoire en ce qui concerne l’islam des origines, tout particulièrement dans les centre de formation d’imams.

Les instances de l’orthodoxie et les pouvoirs politiques musulmans veulent faire croire aux croyants de l’islam – et aux autres! – qu’on a toujours pratiqué l’islam de la même manière depuis les années du Prophète jusqu’à nos jours.

Or, au départ, l’islam se déclinait comme une «alliance» entre les tribus et Dieu; ce n’était pas encore une «religion», un terme impropre pour définir la révélation coranique.

De même, il faut distinguer la société du Coran au VIIe siècle et celle du hadith au IXe siècle, qui se sont déployées dans deux aires géographiques complètement différentes et avec des formes du croire qui n’avaient pas grand-chose en commun. Sans chronologie, on multiplie les contresens historiques et les anachronismes. Ainsi, nombre de jeunes qui sont en rupture avec la tradition, le savoir traditionnel de leurs familles, se jettent et se projettent dans un texte dont ils ne connaissent que des bribes mal comprises.

Il faudrait travailler avec eux sur l’écrit coranique en remettant de l’histoire. Si on ne vient pas – ou on ne revient pas – à cette discipline, il n’y aura pas d’évolution heureuse pour les musulmans… et pour les autres.

Rachid Benzine.

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